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Photographe célèbre contemporain : 10 artistes majeurs

Photographe célèbre contemporain : 10 artistes majeurs

Qu'allez-vous découvrir dans cet article ? Je vous propose une visite guidée à la rencontre de dix photographes célèbres contemporains, de Martin Parr à JR, en passant par Nan Goldin, Cindy Sherman ou Andreas Gursky. Pour chacun, je vous présente son univers et ses œuvres les plus marquantes. Une manière simple de comprendre ce qu'est la photographie contemporaine et de découvrir les grands noms qui la font vivre aujourd'hui.

Partons à la rencontre de ces photographes célèbres contemporains qui ont marqué par leurs styles et particularités cette noble discipline. Laissez-vous conduire dans ce musée virtuel de la photographie contemporaine dont je serai, le temps d'un article, votre guide.

D'Andreas Gursky et ses paysages démesurés aux portraits monumentaux de JR, en passant par les autoportraits de Cindy Sherman et les filatures de Sophie Calle, chacun a imposé un univers que l'on reconnaît au premier regard.

Nous prendrons le temps d'analyser ce qui les caractérise et de découvrir le monde à travers leur œil de photographe.


Qu'est-ce qu'un photographe célèbre contemporain ?

Avant de débuter notre visite, laissez-moi vous expliquer ce que l'on entend par contemporain.

Pendant plus d'un siècle, on a surtout demandé à la photographie d'être fidèle à la réalité. Elle servait à garder une trace, à témoigner, à montrer le monde tel qu'il était. Ce qu'on attendait d'un bon photographe, c'était avant tout la maîtrise de son métier et de sa technique.

La photographie contemporaine a renversé ce rapport. L'image a cessé d'être un simple témoignage pour devenir une œuvre à part entière, pensée et composée comme un peintre pense sa toile. Le photographe ne se contente plus de saisir ce qui existe : il le met en scène, le recompose, l'interprète à sa manière. Ce qui fait la valeur d'une photographie n'est plus sa fidélité au réel, mais l'idée qui la porte et la raison qui l'a fait naître.

C'est là, dans cette intention, que se reconnaît un photographe célèbre contemporain. Et c'est elle que nous allons lire ensemble, une œuvre après l'autre.


À la rencontre de dix photographes célèbres contemporains

Martin Parr

Martin Parr, photographe célèbre contemporain britannique, lors d'une rencontre publique
Photo : Raph_PH, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons

Notre visite commence au Royaume-Uni, devant le travail d'un photographe qui a bouleversé la tradition documentaire. Là où le documentaire social photographiait le réel pour en témoigner, le plus souvent en noir et blanc, Martin Parr y a introduit la couleur saturée, l'humour et l'ironie. Son sujet reste le même tout au long de sa carrière : la société de consommation et ses excès, le tourisme de masse, la nourriture, les loisirs, ces habitudes ordinaires où se lisent aussi les écarts entre les classes.

Sa série la plus célèbre, The Last Resort, en donne toute la mesure. Entre 1983 et 1985 à New Brighton, Parr y photographie les familles modestes en vacances dans une station balnéaire en plein déclin, et fait de leurs loisirs les plus ordinaires le miroir des classes populaires anglaises à l'heure du thatchérisme.

Pour cela, il fait un choix audacieux pour l'époque : la couleur. C'est à travers des teintes saturées qu'il dépeint la misère sociale, brute et sans concession. Le noir et blanc, selon lui, pare cette misère d'une touche esthétique et nostalgique dont il ne veut pas. Il lui préfère les couleurs de la publicité, celles-là mêmes qui vantent la société de consommation, et s'en sert pour la montrer telle qu'elle est. Ce passage à la couleur, confiait-il, lui servait d'abord à porter un regard critique sur son époque.

Et Parr ne s’épargne pas lui-même. Collectionneur compulsif d’objets kitsch, il s’est mis en scène dans des autoportraits volontairement ridicules. En se tournant ainsi en dérision, il s’interdit tout mépris envers ceux qu’il photographie.

À sa sortie, en 1986, The Last Resort a fait scandale : on a reproché à Parr de montrer les classes populaires sous un jour peu flatteur, certains allant jusqu'à y voir du voyeurisme. Le jugement s'est inversé depuis. Parr est aujourd'hui tenu pour l'un des photographes documentaires les plus importants de sa génération, celui qui a renouvelé le genre en y introduisant la couleur et l'ironie, et a fait de la société de consommation son grand sujet.

Nan Goldin

Nan Goldin, photographe célèbre contemporaine américaine
Photo : team art in berlin, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons

Poursuivons notre visite avec l'Américaine Nan Goldin, qui a elle aussi utilisé les couleurs saturées pour mettre en lumière une société en proie à la toxicomanie et à l'une des maladies les plus terribles des années 1980, le sida. Installée à New York à la fin des années 1970, elle prend pour modèles ses proches, et se photographie elle-même. Son œuvre est marquée par les drames et par la mort des siens, emportés par le sida.

Son œuvre la plus célèbre est The Ballad of Sexual Dependency, un journal de sa propre vie en images. Projeté d'abord dans les clubs sous forme de diaporama accompagné de musique, puis publié en 1986, il rassemble des centaines de photos prises sur le vif : l'amour, le sexe, la fête, la drogue, et la violence qu'elle a elle-même subie. Goldin y a photographié ses amis malades jusqu'à leurs derniers jours, pour garder une trace d'eux et rompre le silence qui entourait alors l'épidémie.

Ce combat ne l'a plus quittée. Devenue elle-même dépendante à l'OxyContin, un antidouleur, au point de frôler l'overdose, elle a porté un combat de plusieurs années contre les Sackler, la famille qui en avait tiré fortune. Avec son collectif, elle a mené des actions coup de poing dans les plus grands musées du monde, du Guggenheim au Met, et les a contraints, un à un, à retirer le nom des Sackler de leurs murs.

Cindy Sherman

Cindy Sherman, artiste et photographe célèbre contemporaine américaine
Photo : New Zealand Government, Office of the Governor-General, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Changeons de salle et restons aux États-Unis avec Cindy Sherman. C'est ici une artiste atypique que nous retrouvons, à la fois photographe et modèle de ses propres œuvres. Elle se met en scène, se grime, se pastiche afin de dénoncer les stéréotypes de la représentation féminine et le conformisme de notre société moderne. Elle procède ainsi depuis ses tout premiers travaux, en 1975.

Entre 1977 et 1980, Sherman réalise Untitled Film Stills, une série de photographies en noir et blanc qui lui vaut une reconnaissance internationale. Elle s'y met en scène dans les rôles féminins stéréotypés du cinéma des années 1950 et 1960, et dénonce ainsi une certaine image des femmes que le cinéma, la publicité et la mode cherchent à imposer.

Si le féminisme fut l'une de ses batailles, son véritable sujet est l'identité elle-même. Pour l'explorer, elle se glisse dans une infinité de personnages : un jour les figures des grands tableaux de la peinture ancienne (History Portraits, 1988-1990), un autre des clowns au visage grimaçant (Clowns, 2003-2004). Ses déguisements sont volontairement grossiers : faux nez, fausses poitrines et perruques criardes.

Son œuvre fut plus commentée qu'expliquée, car Sherman n'a jamais théorisé son travail, qui garde pour cela sa part de mystère.

Gregory Crewdson

Quelques pas plus loin nous attend Gregory Crewdson. Pour comprendre ses images, il faut remonter à son enfance. Fils d'un psychanalyste qui recevait ses patients à la maison, le jeune Gregory surprenait des bribes de leurs confidences. Ces récits d'adultes tourmentés le marqueront profondément et nourriront toute son œuvre, où il dénonce l'envers du rêve américain.

Pour cela, Crewdson travaille comme un cinéaste, et revendique l'influence de Spielberg et de Lynch. Il repère de petites villes du Massachusetts, fait vider leurs rues qu'il éclaire et met en scène comme un plateau de tournage, quitte à reconstituer certains décors en studio. Autour de lui, une équipe qui compte parfois plus de cent personnes et des mois de préparation, le tout pour une seule photographie. Sa série la plus connue, Beneath the Roses (2003-2008), déroule ces scènes à la tombée de la nuit, dans une lumière bleutée et crépusculaire.

Chacune de ses images est un arrêt sur image, une scène de vie entièrement construite et scénarisée. On ignore ce qui a précédé et ce qui va suivre, il ne reste qu'un moment suspendu, chargé d'une angoisse indicible, qui crée un trouble chez le spectateur. Crewdson parle lui-même d'images figées dans le silence. Professeur à Yale, il est aujourd'hui l'un des grands maîtres de la photographie mise en scène.

Sophie Calle

Sophie Calle, artiste et photographe célèbre contemporaine française
Photo : Pascal Ferro, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

La salle suivante nous ramène en France, auprès de Sophie Calle. Toute son œuvre part d'une même idée : faire de sa propre vie, jusqu'à ses moments les plus intimes, une œuvre. Pour cela, elle écrit, photographie, filme, met en scène des performances, et mêle souvent tous ces moyens.

Elle a grandi parmi les artistes amis de son père, Arman, Martial Raysse ou Christian Boltanski, lui donnant envie de se tourner vers la création. Après un passé militant et sept ans de voyages, elle rentre à Paris seule et sans projet, et se met à suivre des inconnus dans la rue, à noter leurs trajets et à les photographier. Le jeu la prend.

En 1979, pour une œuvre intitulée Les Dormeurs, elle demande à des gens de venir dormir à tour de rôle dans son lit, les photographie pendant leur sommeil et note tout, leurs positions, leurs mots, les repas qu'elle leur prépare. Ce travail est remarqué par un critique, qui l'invite à la Biennale de Paris. C'est lui, dira-t-elle, qui a décidé qu'elle était une artiste.

En 1980, elle prend en filature un homme qu'elle connaît à peine, le suit jusqu'à Venise et tient le journal photographié de cette poursuite, ce sera Suite vénitienne. L'année suivante, elle se fait engager comme femme de chambre dans un hôtel vénitien et photographie, trois semaines durant, les objets oubliés par les clients pour imaginer leur vie.

C'est dans sa propre souffrance que naîtra son œuvre la plus connue. En 2007, elle représente la France à la Biennale de Venise avec Prenez soin de vous, à partir du courriel par lequel un amant venait de la quitter, et qui se terminait par ces mots, « prenez soin de vous ». Elle ne répond pas. Elle confie la lettre à cent sept femmes et demande à chacune de l'analyser avec les outils de son métier, transformant son chagrin en une œuvre collective. Ses photographies témoignent de la solitude et des souffrances de l'artiste, qu'elle partage afin que nous nous les appropriions et participions à cette fresque de vie.

Thomas Struth

En Allemagne nous attend Thomas Struth. Fils d'une mère céramiste, c'est sans doute auprès d'elle qu'il s'est très jeune éveillé à l'art. Son travail commence dans les années 1970, dans la rue : il installe sa chambre en plein milieu de la chaussée et photographie des rues ordinaires et désertes, partout dans le monde. À travers ces façades et ces perspectives, c'est une question qui l'occupe, celle de savoir comment nos villes, par leur organisation, pèsent sur notre manière d'y vivre et de nous y croiser.

Au milieu des années 1980, Struth se tourne vers le portrait de famille. L'idée lui vient du psychanalyste Ingo Hartmann, qui étudiait les photos de famille apportées par ses patients pour comprendre les rapports à l'intérieur du foyer. Struth reprend cette intuition : il installe sa chambre chez les gens et les laisse se placer librement, debout ou assis, où ils le veulent. Il photographie alors l'indicible, et cherche à saisir, à la place que chacun occupe, les rapports qui se jouent dans le groupe.

Plus tard viendra sa série la plus célèbre, les Museum Photographs, consacrée aux musées. À partir de 1989, il photographie les visiteurs arrêtés devant les grands tableaux, et par là même la transmission culturelle, cette manière qu'a une œuvre du passé de nous parvenir et d'agir encore sur ceux qui la regardent.

En 2007, Struth obtient l'accès à des lieux fermés au public, des usines, des laboratoires, ou les machines démesurées du CERN, qu'il photographie désertes. Il y révèle les immenses systèmes scientifiques et industriels sur lesquels repose notre monde, et que presque personne n'a jamais vus. Reconnu dans le monde entier, Struth est aujourd'hui l'un des plus grands photographes de son époque. Ses sujets sont très divers, mais une même question les relie, notre rapport à notre environnement, la façon dont nous le façonnons et dont il nous façonne en retour.

Andreas Gursky

Andreas Gursky, photographe célèbre contemporain allemand
Photo : Hpschaefer, CC BY-SA 3.0

Nous restons en Allemagne, avec un autre élève des Becher, Andreas Gursky. Fils et petit-fils de photographes, il a baigné dans ce métier depuis l'enfance.

Gursky est l'un des pionniers de la photographie numérique. Il décrit notre société par le biais de fresques immenses, parfois hautes de deux mètres et larges de trois. Sa plus connue, 99 Cent, montre les rayons d'un supermarché américain où s'alignent à perte de vue des milliers d'articles.

Ces immenses tirages, où chaque détail est d'une parfaite netteté, créent le trouble chez le spectateur, qui ne sait plus où regarder. L'œil humain est en effet incapable de reproduire cet effet dans la réalité, nos yeux s'accommodant selon les distances. Ici, rien ne nous échappe : le spectateur est noyé dans cette foule de détails et peut à la fois tout observer.

Cette perfection, Gursky l'obtient sur ordinateur. Dès 1992, par des procédés complexes, il assemble plusieurs prises de vue d'un même lieu, pousse les couleurs et efface ce qui le gêne. Rhein II en est l'exemple le plus parlant, une portion du Rhin réduite à quelques bandes horizontales, l'eau, l'herbe, le ciel. Pour atteindre cette image presque abstraite, il a gommé une usine et un promeneur qui encombraient sa composition.

« L'art ne doit pas rendre compte de la réalité, mais chercher ce qui se cache derrière », dit Gursky.

C'est tout son travail, un monde qu'il ne se contente pas de photographier, mais qu'il recompose pour en révéler la vérité cachée. Cette œuvre, Rhein II, fut d'ailleurs longtemps la photographie la plus chère jamais vendue aux enchères, adjugée plus de quatre millions de dollars en 2011.

Rinko Kawauchi

Changement d'échelle complet avec la Japonaise Rinko Kawauchi, qui photographie les détails les plus infimes du quotidien. Ses images se reconnaissent à son format carré, le 6×6, à de jolis tons pastel et à son amour de la lumière diffuse. Après des études d'art à l'université Seian, elle commence dans la publicité avant de se consacrer pleinement à la photographie. En 2001, elle se fait connaître en publiant simultanément trois livres, Hanako, Utatane et Hanabi, qui lui valent l'année suivante le prestigieux prix Kimura Ihei.

Kawauchi écrit des haïkus pour accompagner ses images. Le haïku est un court poème japonais qui saisit un instant fugace en quelques mots à peine, et ses photographies procèdent de la même façon. Comme un poème se lit vers après vers, elles se regardent en série : elle les rassemble en livres, où chaque image en éclaire une autre.

Derrière ces images revient toujours le même sujet, le cycle de la vie et de la mort, qu'elle retrouve dans une fleur qui s'ouvre puis se fane. Cette attention aux plus petites choses lui vient d'une sensibilité shinto, pour qui chaque être, si minuscule soit-il, possède une âme. Rien n'est donc jamais trop insignifiant pour elle, qui cherche partout l'extraordinaire caché dans l'ordinaire.

Zanele Muholi

Zanele Muholi, photographe et activiste visuel sud-africain
Photo : International Gay and Lesbian Film Festival « Side by Side », CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Notre visite se poursuit en Afrique du Sud, avec Zanele Muholi, qui se définit avant tout comme « activiste visuel ». Personne non binaire, Muholi naît à Umlazi, un township de Durban. Après s'être installé à Johannesburg, l'artiste y étudie la photographie en 2002, au Market Photo Workshop fondé par le photographe David Goldblatt. Toute son œuvre sert un même combat : documenter et archiver sans relâche l'existence, les luttes et la résistance de la communauté noire LGBTQIA+ d'Afrique du Sud, et combattre le racisme et les violences que subissent ses membres.

En Afrique du Sud, la Constitution garantit l'égalité depuis 1996, mais dans les faits, les personnes noires LGBTQIA+ restent exposées au rejet et à de graves violences. C'est à cette réalité que s'attaque son grand projet, Faces and Phases. Depuis 2006, Muholi y rassemble des centaines de portraits en noir et blanc de femmes lesbiennes et de personnes transgenres, que l'artiste nomme une à une pour en faire une archive, et donner un visage et une place à une communauté longtemps restée invisible.

Dans une autre série, Somnyama Ngonyama, « Salut à toi, lionne noire » en zoulou, c'est Muholi qui pose. L'artiste se transforme en une multitude de personnages, en se parant d'objets du quotidien, des gants de ménage, une éponge métallique, qui rappellent le travail domestique. En accentuant le noir de sa peau, Muholi revendique fièrement sa « Blackness », son identité noire.

Pour Muholi, l'engagement dépasse la photographie. L'artiste a cofondé le Forum for the Empowerment of Women et la plateforme Inkanyiso, qui donne la parole à la communauté LGBTQIA+. Ce travail, à la fois politique et artistique, lui a valu en 2026 le prix Hasselblad, la plus haute distinction de la photographie, qu'ont reçu avant Muholi des maîtres comme Nan Goldin ou David Goldblatt.

JR

JR, artiste et photographe français, avec son chapeau et ses lunettes noires
Photo : Marc Azoulay, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Notre visite s'achève en France, avec JR, le maître du trompe-l'œil géant. Il s'empare des monuments les plus célèbres du monde et les transforme le temps d'une illusion, en les recouvrant de collages photographiques en noir et blanc imprimés sur des centaines de mètres carrés.

Son œuvre la plus connue est la disparition de la pyramide du Louvre. En 2016, il recouvre l'une de ses faces d'une photo du palais situé derrière elle, et la pyramide semble s'effacer, le Louvre retrouvant son aspect d'avant sa construction. En 2019, pour les trente ans de la pyramide, il fait l'inverse : un immense collage sur toute la cour Napoléon donne l'illusion de la voir surgir du sol, au fond d'un gouffre.

JR a réalisé ce genre d'illusions partout dans le monde. Au Trocadéro, il a fait apparaître un canyon sous la tour Eiffel. En Égypte, sur le plateau de Gizeh, il a fait léviter le sommet d'une pyramide, tenu par une main géante sortie du sable.

Avec ses immenses performances, JR expose l'art aux yeux de tous, y compris de ceux qui ne vont jamais voir d'expositions. C'est sur cette idée que se referme notre visite, avec l'artiste qui a fait du monde entier sa galerie.


Un dernier arrêt, mon atelier

Avant de nous quitter, permettez-moi un dernier arrêt, plus personnel : mon propre travail. Je ne me compare évidemment pas à ces grands artistes, mais tous ont nourri mon regard et m'inspirent au quotidien. Après avoir parcouru leurs salles, j'aimerais vous montrer à mon tour mes images.

Depuis mes débuts en photographie, une même obsession me suit : rapprocher la photographie de la peinture, deux disciplines qui m'ont toujours attiré. Le dessin fait le lien entre les deux. Je reprends mes images à la tablette graphique, parfois après avoir travaillé le flou de mouvement ou superposé plusieurs expositions, pour en faire des œuvres qui tiennent autant du tableau que de la photographie.

Si cette approche vous a plu, je vous invite à découvrir mes photographies artistiques, et peut-être à faire l'acquisition d'un tirage.


Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un photographe contemporain ?

D'un point de vue chronologique, la photographie contemporaine regroupe les images réalisées des années 1980 à nos jours. Mais c'est surtout une manière de faire : le photographe contemporain ne se sert plus de l'appareil seulement pour capturer ou illustrer la réalité, mais comme un outil de création à part entière, pour construire, interpréter et porter un regard critique sur le monde. C'est à cette époque que la photographie quitte le seul reportage pour entrer pleinement dans les galeries et les musées, aux côtés des autres arts.

Quels sont les photographes contemporains les plus connus en France ?

Sophie Calle et JR sont les deux noms français les plus cités. La première fait de sa propre vie une œuvre, le second couvre les murs du monde de portraits géants. On peut y ajouter des figures comme Raymond Depardon, venu du documentaire.

Faut-il une technique particulière pour être un photographe connu du 21ème siècle ?

Non. Certains construisent leurs images sur ordinateur, d'autres travaillent à la chambre ou au simple Rolleiflex. La technique compte moins que la cohérence d'une démarche tenue d'un bout à l'autre.

Qui sont les grands photographes contemporains à connaître ?

Les dix artistes de cette visite en donnent un bon aperçu : Parr, Goldin, Sherman, Crewdson, Calle, Struth, Gursky, Kawauchi, Muholi et JR. Chacun incarne une manière différente de faire de la photographie un art.

Phares Bretagne : histoire, carte et photos par département

Phares Bretagne : histoire, carte et photos par département

GUIDE COMPLET

Phares de Bretagne : guide des plus beaux phares à visiter

La Bretagne concentre plus du tiers des phares du littoral français sur environ 2 700 km de côtes. Ce guide recense les phares les plus remarquables du Finistère, des Côtes-d'Armor, du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine — leur histoire et les anecdotes qui les accompagnent.

Je photographie ces côtes depuis des années. Laissez-moi vous emmener à la découverte de ces géants des mers.

Ce qu’il faut retenir

Phares en Bretagne

1/3 des 148 phares français

Une densité unique en Europe, concentrée sur environ 2 700 km de côtes.

Départements

29 · 22 · 56 · 35

Finistère, Côtes-d'Armor, Morbihan et Ille-et-Vilaine.

Records

Île Vierge & La Jument

Plus haut phare d’Europe en pierre de taille, et l’une des photos de phare les plus célèbres au monde.

Patrimoine

Du Stiff à La Jument

Du plus ancien phare de Bretagne encore en activité aux géants de la mer d’Iroise.

Carte des phares de Bretagne

La carte ci-dessous localise les principaux phares de Bretagne. Cliquez sur l’image pour afficher la carte interactive sans quitter cette page et préparer votre propre route des phares.

Cliquez d’abord sur l’image pour charger la carte Google Maps, puis zoomez et explorez les phares directement depuis cette page.


Cette carte interactive rassemble les principaux phares de Bretagne, du Finistère aux Côtes‑d’Armor en passant par le Morbihan et l’Ille‑et‑Vilaine. Elle vous permet de visualiser en un coup d’œil la localisation de chaque phare et de préparer plus facilement votre itinéraire sur la route des phares le long du littoral breton.

Les phares du Finistère

Avec 56 phares, dont 14 classés au titre des monuments historiques, le Finistère est le département français qui en compte le plus. Ouessant seule en abrite cinq. La plupart ont été construits entre 1830 et le début du XXe siècle, après l’invention de la lentille de Fresnel qui a transformé la navigation en mer d’Iroise.

Phare du Créac’h à Ouessant au crépuscule
Phare du Créac’h, Ouessant — photo : Totodu74, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare du Créac’h — Ouessant

Toutes les 10 secondes, il lance ses deux éclats blancs jusqu'à près de 60 km au large, ce qui le classe parmi les phares les plus puissants du monde. Il faut dire qu'il veille sur l'un des carrefours maritimes les plus fréquentés de la planète : c'est lui que guettent les navires qui remontent vers la Manche. À ses pieds, l'ancienne centrale électrique s'est muée en musée des Phares et Balises, où se rassemble l'une des plus belles collections de lentilles de Fresnel d'Europe.

Phare de l’Île Vierge, grande tour de pierre dominant la mer
Phare de l’Île Vierge, Plouguerneau — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de l’Île Vierge

Du haut de ses 82,5 m, c'est le plus haut phare d'Europe, et même le plus haut phare en pierre de taille du monde. Avant lui, l'îlot aurait abrité un sanctuaire druidique, puis un couvent de Cordeliers au XVe siècle. On grimpe jusqu'à la lanterne par un vertigineux escalier de 397 marches en colimaçon, dont les parois sont entièrement habillées de 12 500 plaques d'opaline Saint-Gobain bleu azur, posées là autant pour la beauté du lieu que pour tenir l'humidité à distance.

Phare de La Jument cerné par les vagues au large d’Ouessant
Phare de La Jument, Ouessant — photo : Falken, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de La Jument — Ouessant

On doit ce phare à la reconnaissance d'un homme : Charles-Eugène Potron, un Parisien rescapé d'un naufrage, qui légua une fortune à condition que l'édifice sorte des eaux en sept ans. Bâti dans l'urgence entre 1904 et 1911, La Jument est pourtant passé à la postérité pour une tout autre raison. Le 21 décembre 1989, en pleine tempête, le gardien Théodore Malgorn ouvre sa porte en croyant entendre les secours. Au même instant, l'hélicoptère de Jean Guichard le photographie, minuscule silhouette face à une vague monstrueuse. Le cliché fera le tour du monde.

Les phares des Côtes-d’Armor

La côte de Granit Rose et l’archipel de Bréhat donnent aux phares des Côtes-d’Armor une identité visuelle immédiatement reconnaissable. La pierre locale, ce granit aux tons chauds, fait partie intégrante de l’architecture de leurs phares.

Phare de Mean Ruz posé sur les rochers de granit rose à Ploumanac’h
Phare de Mean Ruz, Ploumanac’h — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de Mean Ruz — Perros-Guirec

Taillé dans le granit rose des carrières de La Clarté, le phare de Mean Ruz se fond si bien dans le chaos de rochers qui l'entoure qu'on le dirait né de la même roche. Celui qu'on admire aujourd'hui, rallumé en 1948, a succédé à l'édifice de 1860 que les troupes allemandes dynamitèrent le 4 août 1944, dans leur retraite. À l'intérieur, les mosaïques seraient l'œuvre d'Isidore Odorico, le célèbre mosaïste rennais dont les décors colorés ont marqué tout le grand Ouest.

Phare du Cap Fréhel dominant les falaises des Côtes-d’Armor
Phare du Cap Fréhel — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare du Cap Fréhel

Depuis 1702, trois phares se sont relayés sur ce promontoire de grès rose battu par les vents. L'actuel, rallumé en 1950 après que les Allemands eurent dynamité le précédent en 1944, veille au pied de la vieille tour Vauban, toujours debout : l'ensemble est classé Monument historique. Mais Fréhel détient surtout un titre singulier. Ce fut le dernier phare gardé de France : son gardien, Henri Richard, en poste depuis 1993, a rangé ses clés le 1er septembre 2019, tournant la page de tout un métier.

Phare des Héaux de Bréhat posé sur un récif en mer
Phare des Héaux de Bréhat — photo : Pilot’22, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare des Héaux de Bréhat

Conçu par Léonce Reynaud et allumé en 1840 sur le récif des Épées de Tréguier, c'est le deuxième plus ancien phare français de haute mer, après celui du plateau du Four. Partiellement dynamité par les Allemands en 1944, il fut reconstruit et surélevé d'un étage. Pour remercier les tailleurs de pierre de Bréhat qui avaient élevé sa tour en pleine mer, Reynaud fit restaurer à ses frais, en 1860, la chapelle Saint-Michel de l'île, où son geste reste gravé dans la mémoire des lieux.

Les phares du Morbihan

Belle-Île-en-Mer concentre les phares les plus connus du Morbihan, à commencer par Goulphar et les Poulains. Mais le département aligne aussi Port-Navalo à l’entrée du golfe, les Grands Cardinaux au large de Hoëdic, ou Pen Lan à l’embouchure de la Vilaine.

Phare des Poulains à Belle-Île-en-Mer sur un promontoire rocheux
Phare des Poulains, Belle-Île-en-Mer — photo : Remi Jouan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare des Poulains — Belle-Île-en-Mer

Inauguré en 1868 à la pointe nord-ouest de Belle-Île, sur un îlot que la marée haute coupe du reste de l'île, le phare doit sa renommée à une passion célèbre. En 1894, Sarah Bernhardt, 50 ans, tombe amoureuse des lieux et achète le fortin voisin, où elle reviendra chaque été jusqu'à sa mort. Peu de gens le savent : la tragédienne rêvait de reposer face à la mer, sur cette île qu'elle chérissait, un vœu qu'elle n'exauça jamais. Haut de 15,20 m et aujourd'hui ouvert au public, le phare vit désormais en autonomie totale grâce à 32 m² de panneaux solaires logés dans son toit, qui lui offrent jusqu'à dix jours de lumière sans soleil.

Grand phare de Goulphar dominant la côte sud de Belle-Île-en-Mer
Phare de Goulphar, Bangor — photo : Alexis Amarante, CC0 1.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Goulphar — Belle-Île-en-Mer

Haut de 52,25 m, ce phare domine la côte sud de l'île depuis 1836. On doit sa conception à Augustin Fresnel en personne, le physicien dont les lentilles à échelons ont révolutionné l'éclairage des côtes du monde entier. Classé Monument historique, il se visite en été et télécommande aujourd'hui les aides à la navigation de tout le Morbihan. Mais l'édifice se dégrade, faute d'entretien, et le départ à la retraite de son dernier gardien, prévu fin 2026, a sonné l'alarme : des îliens ont fondé l'association Veilleurs du Grand Phare pour reprendre sa gestion et lui redonner vie.

Phare de Port-Navalo entouré de pins à l’entrée du golfe du Morbihan
Phare de Port-Navalo, Arzon — photo : Stéphane Batigne, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Port-Navalo — Arzon

À la pointe de la presqu'île de Rhuys, le feu de Port-Navalo veille sur l'entrée du golfe du Morbihan depuis 1840 ; la tourelle élancée de 18,90 m que l'on voit aujourd'hui fut édifiée en 1894. Elle garde le seuil de cette petite mer intérieure, dont le nom breton Mor Bihan signifie « petite mer », et dont l'étroite passe d'entrée est balayée par des courants de marée parmi les plus puissants d'Europe. Non loin du phare subsiste une énigme : le 2 octobre 1859, le corps d'un inconnu d'environ 35 ans échoua sur les rochers de la pointe, vêtu d'un gilet de drap et d'un pantalon aux boutons de cuivre frappés d'ancres et de canons. Jamais identifié, il fut inhumé là, au bord de la mer, et nul ne sait vraiment pourquoi ce lieu devint « la Tombe du Petit Mousse ».

Les phares d’Ille-et-Vilaine

De la baie du Mont-Saint-Michel à Saint-Malo, l’Ille-et-Vilaine compte peu de phares, mais tous jouent un rôle clé sur une des routes maritimes les plus fréquentées d’Europe.

Phare du Grand Jardin posé sur un rocher en mer au large de Saint-Malo
Phare du Grand Jardin, Saint-Malo — photo : Unukorno, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare du Grand Jardin — Saint-Malo

Dressé sur un rocher au sud-ouest de l'île de Cézembre, en avant de Saint-Malo, ce phare de 32,70 m fut allumé une première fois en 1868, détruit lors des combats de la Libération en 1944, puis reconstruit après-guerre. Son feu à deux éclats rouges, visible à près de 17 milles, guide les navires au milieu des hauts-fonds, en alignement avec les feux de Rochebonne et de La Balue. Le 18 novembre 1905, c'est en cherchant à rallier ce feu, à travers une tempête de neige, que le vapeur Hilda se fracassa sur le récif tout proche des Pierres des Portes. Des 131 personnes à bord, 6 seulement survécurent.

Phare de la Pierre-de-Herpin vu depuis la pointe du Grouin
Phare de la Pierre-de-Herpin, au large de Cancale — photo : Alan Hughes, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de la Pierre-de-Herpin — Pointe du Grouin

Les marins en réclamaient un dès les années 1850, mais il fallut attendre le 1er octobre 1882 pour qu'un feu s'allume enfin sur cette roche isolée, au large de la pointe du Grouin, à l'entrée de la baie du Mont-Saint-Michel. Haut de 24 m, le phare dresse ses cinq étages. Il reprend le modèle du phare de Chauveau, un prototype de 1842 décliné dans toute la France en six tours sœurs, du Haut-Banc-du-Nord à l'île de Ré jusqu'au Grand-Jardin de Saint-Malo. Si sa silhouette accroche l'œil, c'est grâce à sa base qui s'évase vers le bas en un profil concave : une courbe pensée non pour la grâce, mais pour mieux ancrer la tour et briser l'assaut des vagues, comme tous les phares en mer depuis celui du Four. Un feu veille là depuis plus d'un siècle, automatisé en 1989.

Phare de Rochebonne dominant la plage et les toits de Saint-Malo
Phare de Rochebonne, Paramé — photo : JGS25, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Rochebonne — Saint-Malo

Allumée pour la première fois le 15 avril 1868, cette tour carrée de 19,90 m ne guide pas les navires toute seule : elle forme avec le Grand Jardin, allumé le même jour, un couple indissociable. Pour entrer à Saint-Malo par le chenal de la Grande Porte, au milieu des écueils, le marin doit garder les deux feux parfaitement superposés, Rochebonne à l'arrière, le Grand Jardin devant. Détruite lors des combats de 1944, la tour fut reconstruite à partir de 1948 et rallumée en 1951, avant d'être automatisée en 1975.

La route des phares de Bretagne

En quelques jours, vous pouvez suivre une véritable route des phares, du bout du Finistère jusqu’aux remparts de Saint-Malo. L’idée n’est pas de tout voir, mais de choisir quelques étapes emblématiques, sur le continent comme sur les îles.

Finistère & mer d’Iroise

  • Pointe Saint-Mathieu: Phare dans les ruines d’une abbaye médiévale, face à la mer d’Iroise.
  • Ouessant: Deux jours minimum à vélo : Créac’h, Stiff, Nividic, La Jument et Kéréon.
  • Île Vierge: Plus haut phare d’Europe, accessible en navette depuis Lilia ou l’Aber Wrac’h.

Côte nord & îles

  • Mean Ruz & Cap Fréhel: Deux jours sur le GR 34, entre chaos de granit rose et falaises.
  • Belle-Île-en-Mer: Une journée à vélo pour relier Poulains et Goulphar par la côte sauvage.
  • Saint-Malo & pointe du Grouin: Grand Jardin se devine depuis les remparts, Pierre-de-Herpin depuis la pointe.

Avant chaque étape, vérifiez les horaires et coefficients de marées : certains sentiers, embarcadères ou parkings dépendent directement du niveau d’eau.

Éditions limitées — phares de Bretagne

Ces quatre phares font partie de ma collection de tirages d'art en édition limitée — 30 exemplaires, signés, numérotés, sur papier Hahnemühle avec certificat d’authenticité.

Tirage d’art du phare du Cap Fréhel au lever du soleil

Phare du Cap Fréhel — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Photographie fine art de la Tourelle des Perdrix dans le Finistère

Phare de la Tourelle des Perdrix — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Photographie noir et blanc du phare du Four en pleine tempête

Tempête sur le phare du Four — tirage d’art noir et blanc en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Vague géante de la tempête Justine au Conquet

Tempête Justine au Conquet — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Si les phares en pleine tempête vous fascinent, je vous invite à découvrir mon dossier complet sur les tempêtes en Bretagne : records de vagues, lieux à photographier et conseils de prise de vue.

Phares emblématiques par département

Un aperçu des phares à ne pas manquer si vous préparez un voyage photographique en Bretagne.

PhareDépartementAccèsVisitableCe qui le rend unique
Créac’hFinistère (29)Ferry OuessantMusée adjacentL’un des phares les plus puissants d’Europe (portée ~60 km).
Île ViergeFinistère (29)Bateau, Aber Wrac’hOui, en saisonPlus haut phare d’Europe en pierre de taille.
Cap FréhelCôtes-d’Armor (22)Voiture, GR 34Oui (juillet-août)Dernier phare gardé de France jusqu’en 2019.
Mean RuzCôtes-d’Armor (22)GR 34, Ploumanac’hExtérieur libreGranit rose et mosaïques d’Odorico.
PoulainsMorbihan (56)Pied, Belle-ÎleOuiSarah Bernhardt — phare désormais alimenté à l’énergie solaire.
Pierre-de-HerpinIlle-et-Vilaine (35)Vue depuis la pointe du GrouinNonGarde l’entrée de la baie du Mont-Saint-Michel.

Pour approfondir, vous pouvez aussi découvrir comment je conçois un tirage photo d’art en édition limitée, du choix du papier aux encadrements.

FAQ

Quel est le plus haut phare de Bretagne ?

Le phare de l’Île Vierge, à Plouguerneau dans le Finistère, culmine à 82,5 m. C’est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre de taille du monde. Il faut gravir 397 marches pour atteindre la lanterne.

Peut-on visiter les phares d'Ouessant ?

Le phare du Stiff (1695, signé Vauban) est ouvert au public en saison. Le Créac’h est accessible par son musée des Phares et Balises. La Jument, Kéréon et Nividic sont des phares en mer non accessibles — ils s’observent depuis les sentiers côtiers ou en bateau.

Quel département breton a le plus de phares ?

Le Finistère, avec 56 phares — la plus forte concentration de sentinelles maritimes au monde. La mer d’Iroise est l’une des zones de navigation les plus dangereuses et les plus fréquentées du globe, ce qui a justifié historiquement cette densité exceptionnelle.

Peut-on dormir dans un phare breton ?

Oui. Le phare de Kerbel à Riantec (Morbihan) est aménagé en studio perché à 25 m de hauteur. La maison des gardiens de l’Île Vierge (Finistère) propose un écogîte face à l’Océan. 

Photographe connu en noir et blanc : 8 maîtres célèbres

Photographe connu en noir et blanc : 8 maîtres célèbres

Ce que vous découvrirez Les huit photographes les plus célèbres du noir et blanc, de Cartier-Bresson à Erwitt : ce qui fait le style de chacun, l'image qui l'a rendu célèbre, et ce que leur travail nous apprend pour construire notre propre regard.

Le Baiser de l'hôtel de ville de Robert Doisneau, la Migrant Mother de Dorothea Lange, les montagnes du Yosemite d'Ansel Adams. Ces photographies comptent parmi les plus célèbres jamais prises, et toutes ont un même point commun : le noir et blanc.

Derrière ces images reviennent toujours les mêmes noms. Ils sont considérés parmi les plus célèbres photographes du noir et blanc : Cartier-Bresson, Doisneau, Capa, Lange, Adams, Salgado, Kenna, Erwitt. Huit auteurs qui ont pris le noir et blanc pour matière, l'ont sublimé chacun à sa manière et en ont fait une signature reconnaissable au premier regard.

Je vous propose de partir à la rencontre de leur art, de découvrir ce qui les distingue et ce que nous pouvons en apprendre pour notre propre pratique de la photographie noir et blanc.

Photographie noir et blanc du phare du Four sous la tempête en Bretagne, tirage d'art de Loïc Delplanque Le phare du Four sous la tempête, l'une de mes photographies noir et blanc en édition limitée. © Loïc Delplanque

Huit photographes célèbres du noir et blanc

Je vais vous présenter huit photographes qui se sont tous distingués dans la photographie noir et blanc. Chacun dans son style a marqué la discipline de son empreinte, avec une signature qui lui est propre, et c'est ce que nous allons tenter de déchiffrer ici.

Henri Cartier-Bresson

Portrait d'Henri Cartier-Bresson, pionnier de la photographie de rue en noir et blanc Henri Cartier-Bresson — Kimura Ihei, CC0.

Henri Cartier-Bresson est considéré comme un pionnier de la photographie de rue. Il rêvait d'être peintre et a appris la composition auprès d'André Lhote. Je trouve que cela se ressent dans ses photographies. Derrière chacune de ses photographies il recherchait la spontanéité, ce qu'il qualifiait d'instant décisif. Cette fraction de seconde où tout se conjugue entre son sujet et la géométrie des lieux. Il disait d'ailleurs que photographier, c'est aligner sur une même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur. Ses images étaient prises sur le vif avec son Leica, sans pose ni flash. Il ne recadrait jamais ses tirages : tout devait être en place dès la prise de vue.

Derrière la gare Saint-Lazare, prise à Paris en 1932, en est un parfait exemple. On y voit un homme suspendu au-dessus d'une flaque, et son reflet répond exactement à sa silhouette. En 1947, il fonde l'agence Magnum avec Robert Capa. On le surnomme l'œil du siècle.

Robert Doisneau

Portrait de Robert Doisneau, grande figure de la photographie humaniste française en noir et blanc Robert Doisneau, 1975 — Wolfgang H. Wögerer, CC BY 3.0 (recadré).

Robert Doisneau est l'une des grandes figures de la photographie humaniste, ce courant français d'après-guerre qui prend pour sujet la vie des gens ordinaires. Avant la photographie, il a été graveur-lithographe, puis photographe industriel aux usines Renault. Il y pose déjà un regard attendri sur le quotidien des ouvriers. Doisneau se définissait comme un pêcheur d'images. Il flânait dans les rues de Paris avec son Rolleiflex, à l'affût d'un petit geste, d'une scène tendre ou d'un détail cocasse. Ses sujets, ce sont les enfants, les amoureux, les cafés et les trottoirs des quartiers populaires. Il appelait ça le merveilleux du quotidien.

Et pourtant, sa photo la plus connue, Le Baiser de l'hôtel de ville (1950), ne doit rien au hasard. Loin d'être un instant volé, la scène a été posée : le magazine américain Life lui avait commandé un reportage sur les amoureux de Paris, et Doisneau a fait jouer deux jeunes comédiens du cours Simon. Vendue à des centaines de milliers d'exemplaires en affiche, elle est devenue le symbole du Paris amoureux.

Robert Capa

Portrait de Robert Capa, célèbre photographe de guerre en noir et blanc, en Chine en 1938 Robert Capa en Chine, 1938 — Rijksmuseum, domaine public.

Robert Capa est sans doute le plus célèbre photographe de guerre du XXe siècle. Hongrois émigré à Paris, il s'appelait en réalité Endre Friedmann et a pris le pseudonyme de Robert Capa pour mieux vendre ses images. Sa règle tenait en une phrase : « Si tes photos ne sont pas assez bonnes, c'est que tu n'es pas assez près. » Pour un photographe de guerre, être plus près voulait dire risquer sa vie. Capa a couvert cinq conflits, de la guerre d'Espagne à l'Indochine, toujours au plus près des combats. C'est en Espagne, en 1936, qu'il se fait connaître avec Mort d'un soldat républicain, un homme saisi à l'instant où une balle le frappe.

Le 6 juin 1944, il débarque avec la première vague de soldats sur la plage d'Omaha, sous le feu allemand. Ses photos du Débarquement sont floues, car prises à la hâte dans l'eau et sous le feu. En 1947, il cofonde l'agence Magnum avec son ami Cartier-Bresson. Il meurt en 1954 en Indochine, en sautant sur une mine, son appareil à la main. Il n'a jamais été aussi près de son sujet, et l'a payé de sa vie.

Dorothea Lange

Migrant Mother de Dorothea Lange, portrait en noir et blanc d'une mère de la Grande Dépression, 1936 Migrant Mother, Dorothea Lange, 1936 — Library of Congress, domaine public.

Dorothea Lange, qui a photographié toute sa vie en noir et blanc, est l'une des grandes figures de la photographie documentaire. Enfant, la poliomyélite lui laisse une démarche claudicante et le sentiment d'être mise à l'écart, une expérience de l'exclusion qui la rendra attentive, toute sa vie, à ceux que la société oublie. Lange débute comme portraitiste dans son studio de San Francisco, où elle apprend à créer un lien avec chaque personne qu'elle photographie. Quand la Grande Dépression jette des milliers de familles sur les routes, elle part à la rencontre de ces chômeurs et de ces paysans ruinés. Sur eux, elle pose un regard de vérité et d'émotion. Engagée par la Farm Security Administration, elle documente cette misère et distribue ses images gratuitement à la presse.

Sa photo la plus connue, Migrant Mother, est née presque par hasard, en 1936. Ce jour-là, Lange rentrait chez elle après un mois sur les routes. Elle dépasse un panneau « camp de cueilleurs de pois », roule encore une trentaine de kilomètres, puis fait demi-tour, poussée, dit-elle, par un instinct plus fort que la raison. Dans ce camp de Nipomo, en Californie, elle s'approche d'une mère de trente-deux ans, épuisée au milieu de ses enfants, et fait cinq prises, de plus en plus près. Cette photographie est devenue le symbole de la Grande Dépression, et sa publication a poussé le gouvernement à envoyer des vivres au camp.

Ansel Adams

Portrait d'Ansel Adams, célèbre photographe de paysage en noir et blanc, à Big Sur en 1980 Ansel Adams à Big Sur, 1980 — Los Angeles Times / UCLA Library, CC BY 4.0.

Ansel Adams est sans doute le plus célèbre photographe de paysage du XXe siècle. Pianiste de formation, il découvre Yosemite adolescent et passera plus de cinquante ans à photographier les montagnes de l'Ouest américain en noir et blanc. Sa signature, c'est la visualisation : il décidait à quoi ressemblerait son tirage final avant même de déclencher. Pour y parvenir, il met au point avec Fred Archer le Zone System, une méthode qui découpe la gamme des gris en onze valeurs et lui donne la main sur chaque ton de l'image. Pour lui, le tirage n'était pas une copie du négatif mais son interprétation, résumée d'une formule célèbre : le négatif est la partition, le tirage en est l'interprétation.

Sa photo la plus connue, Moonrise, Hernandez, date de 1941. Ce soir-là, Adams roule sur une route du Nouveau-Mexique quand il aperçoit la lune au-dessus d'un village, des croix blanches dans un cimetière au premier plan. Il arrête la voiture, monte sa chambre grand format sur le trépied, mais ne retrouve pas son posemètre. Il calcule alors l'exposition de mémoire, à partir de la luminance de la lune qu'il connaissait par cœur, et n'a le temps que d'une seule prise avant que la lumière ne change.

C'est, de loin, mon photographe préféré. Au-delà de son talent, ce que je retiens de lui est plus personnel : il m'a déculpabilisé sur un aspect de la photographie longtemps critiqué à tort, la retouche. Pour moi, elle fait partie intégrante de la photographie, et plus encore de la photographie d'art. Je ne considère pas mon travail achevé sans cette dernière étape. C'est le prolongement artistique de mon intention, et le moment où je m'amuse le plus.

Photographie noir et blanc du sentier des douaniers à Ploumanac'h dans les Côtes-d'Armor, tirage d'art de Loïc Delplanque Le sentier des douaniers à Ploumanac'h, un tirage travaillé lors de l'édition. © Loïc Delplanque

Sebastião Salgado

Portrait de Sebastião Salgado, grand photographe documentaire en noir et blanc Sebastião Salgado — [auteur] / Agência Brasil, CC BY 3.0 BR.

Sebastião Salgado est l'un des plus grands photographes documentaires de son temps. Il a travaillé presque exclusivement en noir et blanc. Avant d'épouser la carrière de photographe, il était économiste, un parcours qui a nourri son regard sur les inégalités du monde et sur ceux qui les subissent : les ouvriers, les migrants, les laissés-pour-compte. Pour les photographier, il partageait leur vie pendant des semaines, parfois des mois. Il disait d'ailleurs : « Ce que j'ai photographié, je l'avais d'abord vécu. » De cette proximité sont nées des images puissantes, qui rendent leur dignité aux plus démunis.

Son reportage le plus célèbre est celui de la mine d'or de Serra Pelada, au Brésil, en 1986. Pendant trente-cinq jours, il photographie des milliers d'orpailleurs couverts de boue, qui grimpent le long d'échelles de bois hors d'une gigantesque fosse. Ces images le rendent célèbre dans le monde entier. En 1994, après avoir couvert le génocide rwandais, Salgado s'effondre, épuisé par tout ce qu'il a vu. Il revient alors sur les terres de son enfance, au Brésil, et y replante avec sa femme Lélia plus de deux millions d'arbres, jusqu'à faire renaître une forêt entière.

Michael Kenna

Portrait de Michael Kenna, photographe de paysage contemporain en noir et blanc Michael Kenna — portrait par Matteo Colla, 2017, CC BY-SA 4.0.

Michael Kenna est l'un des grands paysagistes contemporains, dont les photographies sont toujours en noir et blanc. Né en 1953 dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre, il passe sept ans au petit séminaire et songe un temps à devenir prêtre, avant de se tourner vers l'art. Sans doute cette enfance faite de patience et de recueillement a-t-elle façonné son rapport au temps, qui est au cœur de toute son œuvre. Car ce qu'il cherche, ce n'est pas tant le paysage lui-même, que le temps qui le traverse.

Là où la plupart des photographes recherchent des conditions optimales, Kenna travaille à l'aube, la nuit ou dans la brume, avec des poses qui durent parfois plusieurs heures. Ne subsiste alors que l'immobile, le paysage face au temps qui passe. Kenna réalise ensuite ses tirages lui-même et les retravaille longuement. Le réel, au fond, ne l'intéresse pas, et en cela je le rejoins : ce n'est pas la scène qui compte, mais la temporalité, dont il fait sa matière. La même patience se retrouve dans sa manière de travailler, puisqu'il revient inlassablement sur les mêmes lieux, la centrale de Ratcliffe pendant près de vingt ans, les jardins de Le Nôtre ou le Mont-Saint-Michel. En 2022, il a fait don de toutes ses archives à l'État français.

Photographie noir et blanc d'un arbre nu devant l'étang du Moulin Neuf en Bretagne, tirage d'art de Loïc Delplanque Un arbre à l'étang du Moulin Neuf, en Bretagne. © Loïc Delplanque

Elliott Erwitt

Portrait d'Elliott Erwitt, photographe de rue de l'agence Magnum, connu pour l'humour de ses images en noir et blanc Elliott Erwitt — portrait par Alessio Jacona, 2014, CC BY-SA 2.0.

Elliott Erwitt est un photographe de rue de l'agence Magnum, célèbre pour l'humour de ses images en noir et blanc. Né en 1928 près de Paris, de parents russes, il grandit en Italie avant d'émigrer aux États-Unis. En 1953, Robert Capa l'invite à rejoindre Magnum, dont il deviendra plus tard le président. Erwitt s'inspirait du quotidien et s'en amusait avec tendresse, saisissant le comique et l'absurde de ces scènes.

Ses sujets favoris étaient les chiens, qu'il photographiait avec la même malice qu'il portait aux hommes. « Ils me rappellent les gens, disait-il, mais avec plus de poils. » Sa photo la plus connue, prise à New York en 1974, montre un minuscule chihuahua en pull, planté entre les bottes d'une passante et les pattes d'un dogue allemand. Erwitt a aussi couvert des sujets plus graves, comme la joute entre Nixon et Khrouchtchev dans une cuisine de Moscou, ou Jacqueline Kennedy en deuil aux funérailles de son mari. Il s'est éteint à New York en 2023, à quatre-vingt-quinze ans.

Ce que ces maîtres nous apprennent

Photographie d'art noir et blanc d'un voilier échoué réalisée en ICM, tirage d'art de Loïc Delplanque Dérive, un travail en ICM et travaillé graphiquement. © Loïc Delplanque

Ces photographes qui n'ont en apparence rien en commun partagent pourtant un même dénominateur : leur style. Cinquante ans plus tard, une image de l'un d'eux reste immédiatement identifiable. C'est cela que nous devons retenir, et c'est vers cela que je vous invite à tendre.

Le noir et blanc fut le support de leur pratique artistique, leur œil de photographe le moteur de leur œuvre. Chacun, à sa manière, a su se singulariser et s'affirmer dans son domaine. C'est ce regard, l'œil du photographe, qui fait toute la différence, et celui-ci se travaille.

C'est en cherchant votre propre écriture que vous pourrez, vous aussi, espérer devenir photographe d'art. Ce travail, je l'ai moi-même entrepris il y a des années, et je suis moi aussi sur cette voie passionnante, l'œuvre d'une vie qui ne s'achève jamais vraiment. Je vous invite à en découvrir une petite partie au travers de mes tirages d'art en édition limitée.

Questions fréquentes sur les photographes noir et blanc

Quel est le photographe noir et blanc le plus célèbre ?

Il n'existe pas de réponse unique, mais deux noms reviennent plus que tous les autres : Henri Cartier-Bresson, inventeur de l'instant décisif et cofondateur de l'agence Magnum, et Ansel Adams, référence absolue du paysage en noir et blanc. Robert Doisneau et sa Migrant Mother pour Dorothea Lange comptent aussi parmi les images les plus reconnues au monde.

Le Baiser de l'hôtel de ville de Doisneau est-il une photo posée ?

Oui. Contrairement à ce que l'on croit, cette image n'a pas été prise sur le vif. Le magazine Life avait commandé à Robert Doisneau un reportage sur les amoureux de Paris, et il a fait poser deux jeunes comédiens du cours Simon.

Qu'est-ce que l'instant décisif de Cartier-Bresson ?

C'est la fraction de seconde où tous les éléments d'une scène s'organisent parfaitement dans le cadre. Cartier-Bresson guettait ce moment précis pour déclencher, puis ne recadrait jamais ses images : tout devait être juste dès la prise de vue.

Comment devenir photographe d'art en noir et blanc ?

Tout commence par le regard : apprendre à voir différemment, développer une intention et construire une écriture personnelle, image après image. Le matériel vient bien après. C'est justement ce que je partage dans mon guide, Devenir photographe d'art.

Vous l'avez vu tout au long de cet article : ce qui distingue ces photographes, c'est leur regard et la construction, au fil du temps, de leur propre style photographique. Or ce regard se construit, c'est un long chemin difficile pour lequel je me propose de vous aider.

C'est pour cette raison que j'ai écrit un guide. J'y ai réuni ce que j'ai appris au fil des années et que j'aurais aimé lire à mes débuts : apprendre à voir différemment, développer son intention, trouver l'écriture qui n'appartiendra qu'à vous.

Que vous débutiez ou non dans la photographie d'art, il est fait pour vous accompagner sur ce chemin.

Phares Morbihan : guide complet des plus beaux à voir

Phares Morbihan : guide complet des plus beaux à voir

GUIDE MORBIHAN

Phares du Morbihan : les plus beaux à voir et à photographier

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Le Morbihan est peut-être le département breton qui offre aux phares leur cadre le plus contrasté. D'un côté, le golfe du Morbihan — une mer intérieure presque silencieuse, aux eaux douces en apparence. De l'autre, la brutalité de la Côte Sauvage, les passes agitées entre Quiberon et Houat, et les falaises de Belle-Île battues par l'Atlantique.

Belle-Île-en-Mer concentre à elle seule trois phares. Goulphar domine de 92 mètres au-dessus de la mer. Les Poulains gardent la pointe nord-ouest de l'île. La Teignouse, au large, surveille le passage vers Belle-Île depuis 1845 — c'est le plus ancien phare actif du département. Plus à l'est, Port-Navalo marque l'entrée du golfe, et Pen Lan veille sur l'estuaire de la Vilaine.

J’ai le privilège de photographier ces magnifiques édifices depuis longtemps, souvent dans des conditions difficiles. À chaque fois, ils restent pour moi des sujets fascinants qui m’impressionnent. Suivez-moi dans cet article à la découverte de ces géants de pierre du Morbihan.

Phare de Goulphar à Belle-Île-en-Mer
Phare de Goulphar, Belle-Île-en-Mer — photo : Alexis Amarante, CC0 1.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Ce qu’il faut retenir

Nombre

Une dizaine de phares

Le Morbihan compte une dizaine de phares maritimes principaux, auxquels s’ajoutent de nombreux feux et balises.

Belle-Île

3 phares

Goulphar, les Poulains et Kerdonis forment un triangle naturel autour de l’île.

Puissance

Goulphar

Perché à 92 m au-dessus de la mer, son feu porte jusqu’à 27 milles.

Histoire

Port-Navalo

Sauvé de la destruction en 1944 par l’argument resté célèbre de l’ingénieur Le Net.

Accès

Facilité

Plusieurs phares sont accessibles en voiture ou à pied, plus facilement que certains phares du Finistère.

Ambiance

Lumières

Une lumière souvent plus chaude en fin de journée, entre golfe et Atlantique ouvert.

Carte des phares du Morbihan

La carte ci-dessous permet de situer les phares du Morbihan avant de préparer votre parcours. Elle montre d'emblée la logique géographique du département : les trois phares de Belle-Île forment un triangle naturel autour de l'île, la presqu'île de Quiberon concentre deux autres sites au bord de la baie, et le reste de la côte s'étire vers l'est jusqu'à l'embouchure de la Vilaine.

En pratique, on ne parcourt pas le Morbihan en une seule boucle. Le plus simple est de consacrer une journée entière à Belle-Île, une demi-journée à la presqu'île de Quiberon, puis de longer la côte est vers Port-Navalo et Pen Lan.

La carte interactive se charge seulement au clic pour garder une page plus rapide.

Les phares de Belle-Île-en-Mer

Belle-Île-en-Mer est la plus grande île de Bretagne. Elle compte trois phares majeurs : Goulphar sur la côte ouest, les Poulains au nord-ouest et Kerdonis à l’est. Un circuit à vélo permet de relier ces trois sites.

Phare de Goulphar à Bangor, Belle-Île-en-Mer
Phare de Goulphar, Bangor — photo : Alexis Amarante, CC0 1.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Goulphar — Belle-Île-en-Mer

Mis en service en 1835 sur les plans d'Augustin Fresnel à Bangor, le phare de Goulphar est une double tour de granite de 52,25 m, perchée à 92 m au-dessus de la mer. Ses 247 marches mènent à une vue dégagée qui porte jusqu'à 27 milles. C'est l'un des phares les plus puissants de Bretagne.

Il abrite aujourd'hui une muséographie dédiée aux phares et balises, et sert de centre de télécontrôle pour les autres phares du Morbihan — Pen Lan est ainsi télécontrôlé depuis ici depuis 1995. Le phare de Goulphar est aussi au cœur d’un enjeu patrimonial actuel : à Bangor, une association créée en 2025 rassemble des Bellilois préoccupés par l’avenir de l’édifice et de ses abords. En savoir plus sur l’association Goulphare.

Phare des Poulains à la pointe nord-ouest de Belle-Île-en-Mer
Phare des Poulains, Belle-Île-en-Mer — photo : Remi Jouan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare des Poulains — Belle-Île-en-Mer

Inauguré le 15 septembre 1868 à la pointe nord-ouest de Belle-Île, ce phare de 18 m est construit sur un îlot naturellement séparé de l'île à marée haute. Autonome en énergie depuis l'installation de 32 m² de panneaux solaires photovoltaïques, il est aujourd'hui ouvert au public.

À la pointe des Poulains, le fort acquis par Sarah Bernhardt en 1894 fut l’un de ses refuges bellilois. Pendant près de trente ans, jusqu’en 1922, elle y passa ses étés et y accueillit plusieurs figures de son époque, face à l’un des paysages maritimes les plus saisissants de Belle-Île.

Phare de Kerdonis à la pointe est de Belle-Île-en-Mer
Phare de Kerdonis, Belle-Île-en-Mer — photo : Remi Jouan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Kerdonis — Belle-Île-en-Mer

Mis en service le 1er juin 1879 à la pointe est de Belle-Île, ce phare est lié à l'un des actes de courage les plus connus de l'histoire des gardiens bretons. Le 18 avril 1911, le gardien Alexandre Matelot meurt subitement en service. Sa femme et ses enfants actionnent alors à la main le mécanisme partiellement démonté toute la nuit — sans formation, sans relâche, jusqu'au matin.

Cet acte fut salué par la presse nationale et internationale. Le chansonnier Théodore Botrel, qui célébrait la Bretagne maritime avec une précision documentaire rare pour l'époque, l'immortalisa dans une chanson.

Presqu'île de Quiberon et baie

La presqu'île de Quiberon et la baie qui la borde concentrent trois phares de caractères très différents. Port-Maria clôt la Côte Sauvage au sud. Port-Haliguen, aujourd'hui désactivé, fait face à Carnac depuis le port. La Teignouse, au large, marque depuis 1845 le passage entre Quiberon et l'île de Houat.

Phare de Port-Maria au sud de la presqu'île de Quiberon
Phare de Port-Maria, Quiberon — photo : Remi Jouan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Port-Maria — Quiberon

Construit en 1892 au sud de la presqu'île de Quiberon, cette tour cylindrique blanche de 24,8 m à la lanterne verte marque la fin de la Côte Sauvage. Il est aujourd'hui cerné par les constructions de la ville et ne se visite pas.

Le phare accompagne depuis longtemps les transformations du port. Il a connu l’époque de la pêche, puis celle des liaisons maritimes et d’un quartier devenu plus animé, tourné vers les voyageurs. C’est sans doute ce qui lui donne aujourd’hui une place à part dans le paysage de Quiberon.

Phare de Port-Haliguen au lever du soleil
Phare de Port-Haliguen, Quiberon — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de Port-Haliguen — Quiberon

Mis en service en 1856 à l'entrée de la baie de Quiberon face à Carnac, cette tour cylindrique blanche de 11,30 m à la lanterne verte a guidé les marins pendant plus de 110 ans avant d'être désactivée dans les années 1970. Sa maison de gardien abrite aujourd'hui un centre culturel. Le phare se visite lors des Journées du Patrimoine.

J’ai eu la chance de le découvrir de près en septembre 2025, à l’occasion d’une exposition d’une semaine à la Maison du Phare. Un habitant de la presqu’île m’a alors confié cette phrase, qui dit beaucoup de Quiberon : « À Quiberon, on n’y passe pas, on y vient. » Tout est là : le charme discret d’un lieu à l’écart, riche de trésors bien gardés, comme le phare de Port-Haliguen.

Phare de la Teignouse en mer, entre Quiberon et Houat
Phare de la Teignouse — photo : Pline, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de la Teignouse — Large de Quiberon

La Teignouse fait partie de l’horizon de Quiberon comme une évidence. Posé en mer dans le prolongement du Conguel, ce phare mis en service en 1845 veille sur la sortie de la baie depuis près de deux siècles.

Derrière cette silhouette familière se cache pourtant un phare novateur, qui servit de phare pilote en 1892 avant d’être automatisé en 1983. On ne le visite pas, mais il appartient pleinement à l’identité maritime de la presqu’île.

Golfe du Morbihan, côte est et îles

Cette zone est la plus dispersée géographiquement, mais elle regroupe quelques-uns des phares les plus ancrés dans l'histoire locale. Port-Navalo surveille l'entrée du golfe depuis 1895. Pen Lan marque l'embouchure de la Vilaine. Kernevest, éteint depuis 2012, garde la mémoire de quarante ans de présence féminine. Les Grands Cardinaux veillent au large de Hoëdic.

Phare de Port-Navalo à l'entrée du golfe du Morbihan
Phare de Port-Navalo, Arzon — photo : Stéphane Batigne, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Port-Navalo — Arzon

Érigé à Arzon à l'entrée du golfe du Morbihan, ce phare cylindrique de 19 m a été mis en activité en 1895. En 1944, l'occupant envisageait de le dynamiter, comme il le fit avec tant de phares bretons. C'est l'ingénieur Le Net qui l'en convainquit — par un argument dont la force n'a pas pris une ride :

« Les phares n'appartiennent à personne car ils servent à épargner les vies des marins de toutes les nations. »
— L'ingénieur Le Net, 1944

Et le phare est encore là !

Maison-phare de Pen Lan à l'embouchure de la Vilaine
Phare de Pen Lan, Billiers — photo : CaptainHaddock (supposé), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Pen Lan — Billiers

Construite en 1882 et mise en service en 1888 à l’embouchure de la Vilaine, sur la pointe de Pen Lan à Billiers, cette maison-phare de 17,93 m marque depuis longtemps l’entrée de l’estuaire. Depuis 1955, elle émet un feu à deux occultations toutes les six secondes, avant d’être automatisée en 1995 puis télécontrôlée depuis le phare de Goulphar à Belle-Île-en-Mer.

L’histoire du phare se raconte aussi à hauteur de femme. Sa dernière gardienne, Eulalie Le Marchand, y travailla jusqu’en 1995, date de l’automatisation du site. Elle veillait à l’entretien de l’optique, au bon fonctionnement du feu et à la surveillance de plusieurs balises voisines, comme Kervoyal ou la Basse-Bertrand. Cette présence quotidienne rappelle qu’avant l’automatisation, un phare ne reposait pas seulement sur la technique, mais aussi sur une attention humaine constante. À travers elle affleure toute une fin de monde, celle d’un métier patient, précis, invisible, mais si utile.

Phare de Kernevest à Saint-Philibert
Phare de Kernevest, Saint-Philibert — photo : Amaustan, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare de Kernevest — Saint-Philibert

Construit en 1855 à Saint-Philibert pour guider les navires vers La Trinité-sur-Mer, le phare de Kernevest a longtemps accompagné l’entrée de la rivière de Crac’h avant d’être éteint en 2012, son horizon s’étant peu à peu refermé avec les constructions et les arbres.

Anna Le Bail en fut la gardienne pendant quarante ans, de 1925 à 1965, dans la continuité d’une histoire familiale déjà ancienne autour du phare. Sa présence reste attachée au lieu, comme le souvenir d’un temps où ce petit phare vivait encore au rythme d’une veille quotidienne.

Phare des Grands Cardinaux au large de Hoëdic
Phare des Grands Cardinaux, au large de Hoëdic — photo : CC BY-SA 1.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine .

Phare des Grands Cardinaux — Large de Hoëdic

Le phare des Grands Cardinaux, au sud-est d’Hoëdic, signale l’approche de la baie de Quiberon. Classé monument historique en 2020, il doit aussi beaucoup à l’engagement d’une association locale qui s’est battue pour sa restauration et pour que ce « phare d’Hoëdic » retrouve toute sa place dans le paysage maritime.

Photographies d'art en Bretagne

Retrouvez mes photographies artistiques de Bretagne

Épaves, forêts, phares, côtes du Morbihan et du Finistère… Une sélection de tirages en édition limitée, pour prolonger ces paysages à la maison.

Éditions limitées Tirages signés Paysages bretons
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Chaque tirage est numéroté et livré avec son certificat d’authenticité. Encadrement possible sur demande, livraison offerte.

Les phares du Morbihan en résumé

Ce tableau récapitule les principaux phares du Morbihan, leur zone, leur accès et ce qui les rend uniques.

PhareZoneHauteurAccèsVisitableCe qui le rend unique
GoulpharBelle-Île52,25 mFerry + îleOui, muséeDouble tour, 92 m au-dessus de la mer
PoulainsBelle-Île18 mFerry + îleOuiSarah Bernhardt, 30 étés dans le fort voisin
KerdonisBelle-ÎleMaison-phareFerry + îleNonGeste héroïque de la famille Matelot (1911)
Port-MariaQuiberon24,8 mRouteNonFin de la Côte Sauvage
Port-HaliguenQuiberon11,30 mRouteJEPDésactivé, centre culturel dans la maison
TeignouseLarge Quiberon16,35 mVue côte / ferryNonEn service depuis 1845
Port-NavaloGolfe du Morbihan19 mRouteNonSauvé en 1944 par l'ingénieur Le Net
Pen LanEmbouchure Vilaine17,93 mRouteNonTélécontrôlé depuis Goulphar
KernevestSaint-Philibert~15 mRouteNonÉteint 2012, 40 ans de gardienne
Grands CardinauxLarge Hoëdic27 mBateauNonMonument Historique 2020

Les hauteurs et dates mentionnées sont données à titre indicatif et peuvent être soumises à de légères variations selon les sources historiques disponibles.

Infos pratiques

Quelques repères pour organiser vos visites de phares dans le Morbihan, selon les zones et les saisons.

ZoneAccèsMeilleur momentConseil photo
Belle-Île-en-MerFerry depuis Quiberon (environ 45–50 min)Printemps, automneGoulphar en lumière rasante du soir
Presqu'île de QuiberonRouteToute l'annéePort-Maria depuis la mer en hiver
Golfe du Morbihan & côte estVoiture + sentiers GR 34Avril–septembrePort-Navalo à marée descendante
Au large (Teignouse, Grands Cardinaux)Ferry ou bateauÉtéDepuis le pont du ferry Quiberon–Belle-Île

Itinéraire 2 jours — les phares du Morbihan

Un itinéraire simple pour combiner Belle-Île, Quiberon, le golfe du Morbihan et l’estuaire de la Vilaine en deux jours.

Jour 1 — Belle‑Île‑en‑Mer

Prendre le premier ferry depuis Quiberon (environ 50 minutes de traversée jusqu’au Palais). Arriver au Palais, rejoindre le phare de Goulphar à Bangor en voiture ou à vélo. Consacrer la matinée à la visite : découverte du site, montée aux 247 marches et vue à 92 m au‑dessus de la mer.

L’après‑midi, gagner la pointe des Poulains au nord‑ouest : l’îlot, les rochers, le premier plan naturel vers la maison‑phare. En fin de journée, route vers Kerdonis à l’est, lumière dorée sur la maison‑phare à l’extrémité de Belle‑Île. Nuit à Belle‑Île.

Jour 2 — Quiberon, golfe et côte est

Retour sur le continent par un ferry du matin. Matinée sur la presqu’île de Quiberon : phare de Port‑Maria au sud, à la fin de la Côte Sauvage, puis phare de Port‑Haliguen autour du port.

Puis cap sur le golfe : Port‑Navalo en milieu de journée, la pointe d’Arzon et les tourbillons à l’entrée du golfe à marée descendante. Terminer par Pen Lan à Billiers en fin d’après‑midi, avec la lumière du soir sur l’estuaire de la Vilaine.

Mes plus belles photographies de phares

Certains de ces phares font partie de mon travail photographique. Dans ma collection de photographies du Finistère en édition limitée , vous retrouverez la Tourelle des Perdrix, mais aussi le phare du Four saisi dans la violence de la houle.

Ces photographies existent en édition limitée à 30 exemplaires, signées et numérotées avec certificat d’authenticité. L’encadrement peut être réalisé sur demande, et la livraison est offerte.

Tirage d’art du phare du Cap Fréhel au lever du soleil

Phare du Cap Fréhel — tirage d’art en édition limitée.

Photographie de la Tourelle des Perdrix dans le Finistère

Tourelle des Perdrix — tirage d’art en édition limitée.

Photographie du phare du Four en tempête

Phare du Four — tirage d’art noir et blanc en édition limitée.

Vague de la tempête Justine au Conquet

Tempête Justine — tirage d’art en édition limitée.

Si les phares en pleine tempête vous fascinent, je vous invite à découvrir mon guide des tempêtes en Bretagne.

FAQ

Combien y a-t-il de phares dans le Morbihan ?

Le Morbihan compte une dizaine de phares principaux. Belle-Île-en-Mer en regroupe trois à elle seule : Goulphar, les Poulains et Kerdonis.

Où trouver la carte des phares du Morbihan ?

La carte interactive de cet article localise tous les phares principaux du département, de Belle-Île jusqu’à l’embouchure de la Vilaine.

Quel est le plus beau phare du Morbihan ?

Goulphar, à Belle-Île-en-Mer, est le plus impressionnant par sa double tour de granite et sa position à 92 m au-dessus de la mer. Pour l’ambiance photographique, les Poulains offrent un cadre exceptionnel avec leur îlot et leurs rochers.

Peut-on visiter les phares du Morbihan ?

Goulphar se visite en saison avec sa muséographie. Port-Haliguen ouvre lors des Journées du Patrimoine. Les autres phares du Morbihan ne se visitent pas à l’intérieur, mais restent accessibles depuis les sentiers côtiers.

Quel phare du Morbihan photographier en priorité ?

Goulphar pour l’architecture unique de sa double tour. Les Poulains pour le paysage et l’histoire. Port-Navalo pour la lumière sur le golfe à marée descendante.

Phares Finistère : guide complet 2026

Phares Finistère : guide complet 2026

GUIDE FINISTÈRE

Phares du Finistère : les plus beaux à voir et à visiter

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Le Finistère est le département français qui compte le plus de phares. Ouessant en rassemble cinq à elle seule, et une grande partie de ces constructions date du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Le Créac’h, l’Île Vierge, La Jument, Saint-Mathieu ou le Four sont les noms que l’on retient d’abord. Mais quand on longe vraiment la côte, on passe aussi par des phares plus discrets, des phares de pointe, des phares de ville et des phares en mer qui donnent au Finistère une densité unique.

Je photographie cette côte depuis longtemps. J’ai toujours vu dans ces phares des présences silencieuses, des gardiens immobiles qui veillent sur une force indomptable.

Ce qu’il faut retenir

Nombre

56 phares

Le Finistère reste le département français qui en compte le plus.

Ouessant

5 phares

Une seule île concentre à elle seule une densité exceptionnelle.

Records

Île Vierge & Créac’h

82,5 m pour l’un, environ 60 km de portée pour l’autre.

Ancien

Stiff

Allumé en 1700, il figure parmi les plus anciens encore en activité.

Icône

La Jument

La photographie de Jean Guichard en 1989 l’a rendue mondiale.

Ambiance

Mer d’Iroise

C’est elle qui donne à ces silhouettes leur tension et leur force.

Carte des phares du Finistère

La carte ci-dessous permet de localiser les principaux phares du Finistère avant de préparer votre parcours. Elle sert surtout à visualiser les grands ensembles du département : Ouessant, la côte nord, la pointe Saint-Mathieu, la rade de Brest, le raz de Sein et le sud Finistère.

En pratique, elle montre tout de suite une chose : on ne visite pas ce département en une seule boucle rapide. Le plus simple est de regrouper les étapes par secteur et de garder une journée entière pour Ouessant.

La carte interactive se charge seulement au clic pour garder une page plus rapide.

Les phares d’Ouessant

Pour commencer, il faut aller à Ouessant. C’est l’île la plus dense en phares, et c’est aussi celle qui résume le mieux l’importance de la mer d’Iroise dans l’histoire maritime bretonne.

Phare du Créac’h à Ouessant
Phare du Créac’h, Ouessant — photo : Totodu74, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare du Créac’h — Ouessant

Construit en 1863, ce phare à bandes noires et blanches est le plus puissant de France. Ses deux éclats blancs toutes les dix secondes sont visibles à environ 60 km, et l’ancienne centrale électrique abrite le musée des Phares et Balises.

Phare du Stiff à Ouessant
Phare du Stiff, Ouessant — photo : Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare du Stiff — Ouessant

Construit par Vauban à partir de 1695 et allumé en 1700, c’est le plus ancien phare d’Ouessant. Ses deux tours accolées offrent une vue panoramique sur l’île et la mer d’Iroise.

Phare de La Jument au large d’Ouessant
Phare de La Jument, Ouessant — photo : Falken, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de La Jument — Ouessant

Construit entre 1904 et 1911 grâce au legs de 400 000 francs d’un bienfaiteur parisien, ce phare en mer est devenu mondialement célèbre avec la photographie de Jean Guichard prise le 21 décembre 1989. Des capteurs ont mesuré sur place une vague de 24,6 m en 2017-2018.

Phare de Kéréon vu depuis Ouessant
Phare de Kéréon — photo : Julien Carnot, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Kéréon — Ouessant

Construit de 1907 à 1916 dans le passage du Fromveur, il est surnommé “le Palace” pour son intérieur, avec mosaïques, parquet marqueté et lambris de chêne. Il doit cette richesse au don d’Amicie Lebaudy.

Phare de Nividic à Ouessant
Phare de Nividic — photo : Samuel Lamotte d'Incamps, CC BY-SA 2.0 FR, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Nividic — Ouessant

Construit entre 1912 et 1936 à la pointe de Pern, c’est le seul phare français relié à la côte par un téléphérique. Les pylônes sont encore visibles depuis le sentier côtier.

Côte nord

Après Ouessant, la côte nord permet d’enchaîner plusieurs phares dans un secteur plus simple à parcourir. C’est aussi là que se trouve l’Île Vierge, le grand phare record du Finistère.

Phare de l’Île Vierge à Plouguerneau
Phare de l’Île Vierge, Plouguerneau — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de l’Île Vierge

Avec ses 82,5 m, c’est le plus haut phare d’Europe en pierre de taille. L’îlot où il se dresse a d’abord été, selon la tradition, un sanctuaire druidique, puis un couvent franciscain au XVe siècle.

Phare de l’Île Wrac’h à Plouguerneau
Phare de l’Île Wrac’h — photo : Yann Caradec, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de l’Île Wrac’h

Mis en service en 1845 à Plouguerneau, il est accessible à pied à marée basse. Depuis 2006, la maison des anciens gardiens accueille une résidence d’artistes et des expositions.

Phare de Pontusval à Brignogan-Plages
Phare de Pontusval — photo : Steffen Heilfort, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de Pontusval

Allumé le 15 septembre 1869 à Brignogan-Plages après de nombreux naufrages, il est classé Monument Historique depuis 2011. Sa dernière gardienne, Marie-Paule Le Guen, y a vécu jusqu’à sa disparition en novembre 2023.

Phare de Roscoff en centre-ville
Phare de Roscoff — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de Roscoff

Mis en service en 1934 en plein cœur de la ville, il est automatisé depuis 2002. Il reste gardienné et insère la figure du phare au milieu du tissu urbain.

Brest et mer d’Iroise

Autour de Brest et sur la mer d’Iroise, les phares sont plus faciles à intégrer dans un séjour court. C’est le bon secteur pour une première découverte si l’on veut voir plusieurs sites sans trop de route.

Phare Saint-Mathieu dans les ruines de l'abbaye
Phare Saint-Mathieu — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare Saint-Mathieu

Mis en service le 15 juin 1835 dans les ruines de l’abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, ce phare de 36 m compte 163 marches et porte à 29 milles. Il est classé Monument Historique depuis 2011 et il est ouvert au public tous les jours en juillet et août.

Phare de Kermorvan relié par son pont de granit
Phare de Kermorvan — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare de Kermorvan

Mis en service en 1849 au Conquet, ce phare carré de 20,35 m relié à la terre par un pont de granit est le phare à terre le plus occidental de France. Il se visite depuis 2022.

Phare du Petit Minou à l'entrée de la rade de Brest
Phare du Petit Minou — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare du Petit Minou

Allumé en 1848 à Plouzané, il guide les navires à l’entrée de la rade de Brest. Fermé depuis 2024 pour restauration, il a fait l’objet d’un important soutien patrimonial en 2025.

Phare du Four battu par la houle
Phare du Four — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Phare du Four

Construit de 1869 à 1874 au large de Porspoder, ce phare en mer classé Monument Historique depuis 2017 est l’un des plus connus du Finistère pour les déferlantes qui frappent sa tour. Depuis la côte, c’est l’un des meilleurs sujets de photographie par gros temps.

Son nom fait sourire au premier abord, mais celui du Petit Minou vient tout simplement de la pointe où il se dresse, à l’entrée de la rade de Brest ; ici, “Minou” n’a rien à voir avec un chat et renvoie au breton min, la pointe ou l’embouchure.

Pointe du Raz et sud Finistère

Le raz de Sein et le sud du département ferment bien le parcours. On y trouve moins de phares visitables, mais plusieurs sites très forts.

Phare de La Vieille dans le raz de Sein
Phare de La Vieille — photo : Bastenbas, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare de La Vieille

Construit de 1882 à 1887 sur le rocher Gorlebella au cœur du raz de Sein, il est resté gardienné jusqu’en 1995. Ses derniers gardiens ont refusé la relève lors de son automatisation.

Phare du Portzic à Brest
Phare du Portzic — photo : Pline, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons. Voir l’image d’origine.

Phare du Portzic

Allumé le 1er janvier 1848 au point le plus étroit du goulet de Brest, ce phare octogonal de 35 m est le plus proche de la ville. Son sémaphore régule le trafic maritime de la rade depuis 1987.

Tourelle des Perdrix à l'entrée du chenal de Loctudy
Tourelle des Perdrix — photographie © Loïc Delplanque, tous droits réservés.

Tourelle des Perdrix

Érigée en 1918 à l’entrée du chenal de Loctudy et de l’Île-Tudy, elle se distingue par ses damiers noirs et blancs. Menacée de destruction, elle a été sauvée grâce à une mobilisation locale.

Les principaux phares du Finistère en résumé

Un aperçu rapide des phares à ne pas manquer et de la manière de les approcher sur place.

PhareZoneAccèsVisitableCe qui le rend unique
Créac’hOuessantFerry + îleMusée adjacentLe plus puissant de France, portée env. 60 km
StiffOuessantFerry + îleOui, en saisonAllumé en 1700
La JumentOuessantVue mer / bateauNonLa photo de 1989 en a fait une icône mondiale
KéréonOuessantVue mer / bateauNonIntérieur surnommé « le Palace »
NividicOuessantSentier côtierNonTéléphérique unique en France
Île ViergeCôte nordNavette / excursionOui, en saisonPlus haut phare d’Europe en pierre de taille
Île Wrac’hCôte nordMarée basseOuiRésidence d’artistes depuis 2006
PontusvalCôte nordRoute + sentierNonLongue présence de Marie-Paule Le Guen
RoscoffCôte nordCentre-villeNonPhare urbain gardienné
Saint-MathieuBrest / IroiseRouteOuiInstallé dans les ruines de l’abbaye
KermorvanBrest / IroisePont de granitOuiPhare à terre le plus occidental de France
Petit MinouBrest / IroiseRoute + passerelleFermé en restaurationChantier patrimonial en cours
FourBrest / IroiseVue depuis PorspoderNonDéferlantes spectaculaires
La VieilleRaz de SeinVue mer / bateauNonRefus de relève lors de l’automatisation
PortzicBrestRouteNonSémaphore actif sur la rade
Tourelle des PerdrixSud FinistèreVue littoraleNonDamiers noirs et blancs

Infos pratiques

Quelques repères concrets pour organiser vos étapes par grandes zones du Finistère.

ZoneAccèsVisites possibles liées aux phares
OuessantFerry depuis Le Conquet ou Brest.Phare du Stiff, ouvert du 4 avril 2026 au 1er novembre 2026 ; Musée des Phares et Balises au pied du Créac’h, actuellement fermé pour travaux avec réouverture annoncée à l’horizon 2026.
Côte nordVoiture, puis traversée ou accès selon les sites.Île Vierge, visite guidée du grand phare de mars à octobre selon les marées ; Île Wrac’h, accès à pied autour de la marée basse presque toute l’année, avec expositions en juillet-août.
Brest / IroiseBoucle facile en voiture.Saint-Mathieu, ouvert de mars à janvier avec ouverture quotidienne en juillet-août ; Kermorvan, ouvert d’avril à début novembre avec ouverture quotidienne en juillet-août ; Petit Minou, aucune visite du phare pendant les travaux, seulement l’extérieur.
Pointe du Raz & côte sud du FinistèreÉtapes plus espacées.Phare de La Vieille et du Four non visitables mais visibles depuis la côte ou en sortie en mer ; Portzic et Tourelle des Perdrix à découvrir depuis les sentiers littoraux.

Vous explorez les phares du Finistère ? Découvrez aussi notre guide des phares du Morbihan, pour comparer les deux départements bretons et enrichir votre parcours côtier.

Mes plus belles photographies de phares

Certains de ces phares font partie de mon travail photographique. Dans ma collection de photographies du Finistère en édition limitée, vous retrouverez la Tourelle des Perdrix, mais aussi le phare du Four saisi dans la violence de la houle.

Ces photographies existent en édition limitée à 30 exemplaires, signées et numérotées avec certificat d’authenticité. L’encadrement peut être réalisé sur demande, et la livraison est offerte.

Tirage d’art du phare du Cap Fréhel au lever du soleil

Phare du Cap Fréhel — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Photographie fine art de la Tourelle des Perdrix dans le Finistère

Phare de la Tourelle des Perdrix — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Photographie noir et blanc du phare du Four en pleine tempête

Tempête sur le phare du Four — tirage d’art noir et blanc en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Vague géante de la tempête Justine au Conquet

Tempête Justine au Conquet — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.

Si les phares en pleine tempête vous fascinent, je vous invite à découvrir mon guide complet des tempêtes en Bretagne : records de vagues, lieux à photographier et conseils de prise de vue.

FAQ

Quel est le plus haut phare du Finistère ?

Le phare de l’Île Vierge, avec 82,5 m.

Peut-on visiter les phares d’Ouessant ?

Le Stiff se visite en saison, et le Créac’h se découvre aussi par le musée des Phares et Balises. La Jument, Kéréon et Nividic ne se visitent pas.

Quel phare voir en priorité dans le Finistère ?

Pour une première découverte, le plus cohérent est de commencer par le Créac’h, l’Île Vierge, Saint-Mathieu et le Four.

Quel phare photographier par mauvais temps ?

Le Four est une référence dans le Finistère. La Jument et La Vieille font aussi partie des grands noms quand la mer se forme.

Quel est le plus ancien phare encore en activité dans le Finistère ?

Le Stiff, allumé en 1700.

Les Incontournables Légendes de la Forêt de Brocéliande

Les Incontournables Légendes de la Forêt de Brocéliande

L'essentiel à retenir : Brocéliande incarne le décor du cycle arthurien, où les récits de Merlin, Viviane et Morgane ont façonné l'identité culturelle de cette forêt bretonne. Ces légendes médiévales continuent d'irriguer l'imaginaire collectif et donnent une épaisseur mythologique unique au massif de Paimpont.

Brocéliande, ses légendes : Merlin, Viviane et Morgane

Merlin emprisonné par Viviane, Lancelot élevé sous les eaux, Morgane qui piège les chevaliers infidèles : la forêt de Brocéliande abrite les plus célèbres légendes arthuriennes. Vous découvrirez qui sont ces personnages, leurs histoires d'amour et de trahison, et comment elles se sont ancrées dans les sites réels du massif de Paimpont.

Pour préparer votre visite avec les coordonnées GPS de chaque lieu, consultez mon guide de la forêt de Brocéliande.

Merlin emprisonné : la fin tragique de l'enchanteur

Merlin rencontre Viviane près de la fontaine de Barenton. Le devin tombe follement amoureux de la jeune fée. Elle accepte de devenir sa compagne, mais pose une condition : qu'il lui enseigne tous ses secrets magiques.

Merlin hésite. Il sait ce qui l'attend. Ses visions lui ont déjà montré son propre destin. Mais l'amour est plus fort que la raison. Il révèle à Viviane le sortilège ultime : comment retenir un homme à jamais.

La fée attend le bon moment. Un jour, alors que Merlin s'est endormi dans la forêt, Viviane trace neuf cercles magiques autour de lui et prononce neuf phrases enchantées (Wikimini - Fée Viviane). L'enchanteur se réveille prisonnier. Une prison sans barreaux, faite uniquement d'air et de magie. Il ne peut plus en sortir.

Selon certaines versions, Viviane regrette immédiatement son geste. Elle ne croyait pas que le sortilège fonctionnerait vraiment. Selon d'autres, elle voulait garder Merlin pour elle seule jusqu'à la fin des temps. Les deux amants restent ensemble dans cette prison invisible, séparés du monde mais réunis pour l'éternité.

Le roi Arthur perd ainsi son conseiller. Sans Merlin, la Table Ronde vacille. Le déclin de Camelot commence.

Viviane et l'éducation de Lancelot : forger le chevalier parfait

Viviane ne se contente pas d'être l'amante de Merlin. Elle joue un rôle central dans un autre récit : l'éducation de Lancelot du Lac (Wikipedia - Fée Viviane).

Le jeune Lancelot est le fils du roi Ban de Bénoïc. Lorsque son père meurt et que son royaume tombe, le bébé est recueilli par la Dame du Lac. Viviane l'emmène dans son palais sous les eaux de l'étang de Comper. Elle décide d'en faire le chevalier parfait.

Château de Comper Brocéliande étang Viviane palais cristal Dame du Lac
Le Château de Comper et son étang où se cache, selon la légende, le palais de cristal de Viviane, la Dame du Lac. Photo : Centre de l'Imaginaire Arthurien, CC BY-SA

L'enfant grandit coupé du monde des hommes. Viviane lui enseigne :

  • La chasse et le combat à l'épée
  • La musique et les arts de cour
  • La courtoisie et les bonnes manières
  • Les lettres et la sagesse
  • Le courage et la noblesse d'esprit

Lancelot ignore ses origines royales pendant toute son enfance.

Quand il atteint l'âge adulte, Viviane le juge prêt. Elle le conduit à Camelot pour qu'il soit adoubé chevalier par le roi Arthur. Lancelot rejoint la Table Ronde et devient rapidement le plus célèbre de tous les chevaliers. Sa fidélité à la reine Guenièvre sera légendaire — cette fidélité même qui lui permettra plus tard de briser le sortilège de Morgane.

Morgane et le Val sans Retour : la vengeance d'une femme trahie

Morgane, demi-sœur du roi Arthur, étudie la magie auprès de Merlin. Elle devient une magicienne redoutable. Puis elle tombe amoureuse d'un chevalier nommé Guyomard.

Un jour, elle le surprend dans les bras d'une autre femme. La trahison la brise. Plutôt que de pleurer, Morgane décide de se venger — non seulement de son amant infidèle, mais de tous les hommes qui trahissent leur serment d'amour.

Elle crée le Val sans Retour, une vallée enchantée dans la forêt de Brocéliande (Wikipedia - Val sans Retour). Tous les chevaliers qui ont trompé leur dame et qui pénètrent dans ce vallon sont immédiatement piégés par des cercles de brume magique. Impossible d'en ressortir. Le sortilège est implacable.

Guyomard est le premier prisonnier. La femme qui l'accompagnait reçoit une malédiction supplémentaire : elle ressent le froid de la glace des pieds à la ceinture, et le feu d'un brasier de la ceinture à la tête. Un châtiment éternel.

Pendant dix-sept ans, les chevaliers s'accumulent dans le Val. Deux cent cinquante-trois guerriers arthuriens sont prisonniers (Wikipedia - Val sans Retour). Aucun ne peut briser le sortilège de Morgane — jusqu'à l'arrivée de Lancelot.

Lancelot, resté parfaitement fidèle à Guenièvre malgré les années, entre dans le Val sans Retour. Son cœur pur brise automatiquement l'enchantement. Les brumes se dissipent. Les 253 chevaliers retrouvent leur liberté. La plus éclatante action de Morgane contre la chevalerie arthurienne s'achève sur un échec.

Ce récit inverse les rôles habituels de la littérature médiévale. Une femme prend le pouvoir magique pour punir les hommes. Elle juge, condamne, emprisonne. Les chevaliers deviennent les victimes, impuissants face à la magie féminine.

Yvain et la Fontaine de Barenton : le duel qui déclenche l'orage

Entre 1176 et 1181, Chrétien de Troyes écrit Le Chevalier au Lion (Maremurex - Le Chevalier au Lion). Il y raconte l'aventure d'Yvain, cousin de Gauvain, dans la forêt de Brocéliande.

Yvain apprend l'existence d'une fontaine magique gardée par un mystérieux Chevalier Noir. Celui qui verse l'eau de la source sur le perron de pierre déclenche un orage terrible. Le gardien apparaît alors pour châtier l'imprudent.

Cascade Brocéliande rochers moussus lumière dorée Fontaine Barenton - ©Loïc Delplanque
Cascade de Brocéliande évoquant la Fontaine de Barenton, lieu des légendes d'Yvain, Merlin et Viviane - ©Loïc Delplanque

Yvain décide de relever le défi. Il trouve la fontaine, verse l'eau sur la pierre. L'orage éclate immédiatement. Le Chevalier Noir surgit, furieux. Les deux hommes s'affrontent dans un combat acharné.

Yvain blesse mortellement son adversaire. Mais le chevalier parvient à s'enfuir vers son château. Yvain le poursuit, espérant achever le combat. C'est le début d'une longue série d'aventures qui le conduiront à devenir le "Chevalier au Lion" — accompagné d'un lion qu'il sauvera et qui deviendra son compagnon fidèle.

Ce récit ancre la forêt de Brocéliande dans la géographie littéraire du cycle arthurien. Chrétien de Troyes crée le lien entre un lieu réel — le massif de Paimpont — et l'imaginaire médiéval.

Les lieux légendaires de Brocéliande : du mythe à la pierre

Pour distinguer les récits légendaires des vestiges historiques réels, voici un guide des principaux sites :

SiteType de monumentLégende associéeRéalité archéologique
Tombeau de MerlinAllée couverte néolithiquePrison d'air où Viviane enferma l'enchanteurVestige mégalithique datant de 4000 av. J.-C.
Fontaine de BarentonSource naturelle en forêtCombat d'Yvain contre le Chevalier NoirSource aux propriétés géologiques particulières
Val sans RetourVallée de landes et schistesDomaine enchanté de Morgane piégeant les infidèlesSite ravagé par l'incendie de 1990 (Chrislyne - Arbre d'Or)
Château de ComperForteresse médiévalePalais de cristal invisible de Viviane sous l'étangChâteau du XIIIe siècle abritant le Centre de l'Imaginaire Arthurien
Hotié de VivianeCoffre mégalithiquePoint d'observation de Viviane sur son domaineMonument funéraire datant de 4500 ans (Brocéliande Guide - Hotié)

Cette table montre comment les légendes de la forêt de Brocéliande se sont greffées sur des sites préhistoriques et médiévaux authentiques, créant une superposition fascinante entre histoire et mythologie.

Fontaine de Barenton Brocéliande perron pierre légende Yvain Chevalier au Lion
La Fontaine de Barenton où Yvain a défié le Chevalier Noir. Verser l'eau sur le perron déclenche l'orage selon la légende. Photo : Wikimedia Commons, licence libre

Le petit peuple breton : korrigans et créatures de la nuit

Les légendes arthuriennes ne sont pas les seules à habiter Brocéliande. Le folklore breton y ajoute ses propres créatures.

Les créatures légendaires du massif de Paimpont :

  • Les korrigans : petits êtres facétieux qui dansent autour des pierres levées et jouent des tours aux randonneurs
  • Les lavandières de nuit : fantômes qui lavent leur linge près des ruisseaux — en voir une annonce une mort prochaine
  • Les chiens noirs : créatures fantomatiques qui égarent les voyageurs nocturnes
  • Les juments de nuit : apparitions équines qui entraînent les imprudents hors des sentiers
  • Le Chêne à Guillotin : arbre remarquable de 500 ans et 9,6 m de circonférence (Wikipedia - Chêne à Guillotin)

Ces créatures du folklore cohabitent avec les figures arthuriennes. Merlin côtoie les korrigans. Viviane partage la forêt avec les lavandières. La frontière entre les légendes chevaleresques et le petit peuple breton reste floue, renforçant l'atmosphère surnaturelle du lieu.

L'abbé Gillard et l'Église du Graal : quand le christianisme rencontre la légende

Hotié de Viviane Brocéliande mégalithe néolithique schiste Val sans Retour
Le Hotié de Viviane, coffre mégalithique vieux de 4500 ans dominant le Val sans Retour. Photo : Wikimedia Commons, modifiée, licence libre

En 1942, l'abbé Henri Gillard arrive à Tréhorenteuc, un village isolé au cœur de la forêt (Wikipédia - Église). Il découvre une église délabrée et une population pauvre, marquée par la guerre.

Gillard a une vision audacieuse : décorer son église avec les symboles du Graal et des légendes arthuriennes. Pendant douze ans, il transforme ce lieu de culte chrétien en sanctuaire mêlant foi catholique et mythologie païenne (Église Tréhorenteuc - L'abbé Gillard).

Les éléments symboliques de l'Église du Graal :

  • Vitraux représentant le cerf blanc, symbole du Christ et créature des légendes celtiques
  • Peintures murales évoquant la quête du Graal
  • Inscriptions mystérieuses mêlant latin sacré et références arthuriennes
  • Mosaïques illustrant les chevaliers de la Table Ronde

C'est la seule église au monde consacrée à la légende du Graal. Ce syncrétisme unique montre comment les légendes de Brocéliande dépassent le cadre littéraire pour s'ancrer dans la spiritualité locale. Le mythe devient prière. La fiction devient sacré.

Préparez votre visite dans les lieux de légende

Ces récits prennent une autre dimension quand vous marchez réellement dans les lieux où ils se déroulent. Le Tombeau de Merlin, la Fontaine de Barenton, le Val sans Retour : chaque site porte la mémoire de ces histoires millénaires.

Pour une première visite simplifiée avec les coordonnées GPS de chaque lieu et les parkings, consultez mon guide complet de la forêt de Brocéliande. Vous y trouverez toutes les informations pratiques pour explorer les sites légendaires en toute autonomie.

Si Brocéliande vous fascine, découvrez également les 8 plus belles forêts de Bretagne, chacune avec son identité et ses paysages uniques. Et pour prolonger votre connexion avec ces lieux mythiques, explorez ma collection de photographies de forêts bretonnes, où j'ai cherché à saisir l'atmosphère particulière de ces espaces naturels chargés d'histoire.

Les légendes de la forêt de Brocéliande tissent une toile invisible entre les arbres. Merlin prisonnier de l'amour, Viviane façonnant le chevalier parfait, Morgane vengeant les trahisons, Yvain défiant l'orage : ces récits ne se lisent pas, ils se vivent.

Marchez jusqu'au Tombeau de Merlin. Versez l'eau de la Fontaine de Barenton. Traversez le Val sans Retour. Chaque pas vous rapproche de ces histoires millénaires. Le schiste rouge sous vos pieds porte la mémoire de huit siècles de mythologie arthurienne.

Prêt à explorer ces lieux légendaires ? Téléchargez mon guide complet avec les coordonnées GPS, parkings et circuits détaillés pour ne rien manquer. Et si ces paysages forestiers vous touchent, découvrez ma collection de photographies où j'ai cherché à saisir cette atmosphère unique où la nature rencontre la légende.

Guide première visite Brocéliande
(avec coordonnées GPS)

FAQ

Le Tombeau de Merlin abrite-t-il réellement le célèbre enchanteur ?

Non. Ce site est une allée couverte néolithique datant de 4000 av. J.-C., bien antérieure aux légendes arthuriennes. Deux dalles de schiste rouge subsistent, dégradées au XIXe siècle par des chasseurs de trésors. Pourtant, les visiteurs y déposent toujours des vœux. Le mythe a transformé ces vestiges en sanctuaire vivant.

Quelle est l'histoire du Val sans Retour ?

Domaine enchanté de Morgane dans les légendes arthuriennes, le Val sans Retour était le piège des amants infidèles. Suite à l’incendie de 1990, l’Arbre d’Or fut installé pour symboliser la renaissance du site. Explorez ce lieu mythique en suivant les sentiers balisés.

La Fontaine de Barenton a-t-elle des pouvoirs ?

Chrétien de Troyes décrivait au XIIe siècle qu’y verser l’eau déclenche un orage. C’est le lieu de rencontre entre Merlin et Viviane. L’eau rougie par le fer du sol crée une atmosphère unique où légende et géologie se rencontrent.

Où trouver le palais de cristal de Viviane ?

Au Château de Comper à Concoret. La légende place le palais de cristal de Viviane sous l’étang. Le château abrite aujourd’hui le Centre de l’Imaginaire Arthurien avec des expositions sur les récits arthuriens.

Pourquoi l'Église de Tréhorenteuc s'appelle-t-elle "Porte du Graal" ?

Parce que l’abbé Gillard l’a entièrement décorée avec des symboles de la légende du Graal et du cycle arthurien entre 1942 et 1954. Les vitraux représentent le cerf blanc et la quête du Graal, les mosaïques illustrent les chevaliers de la Table Ronde, et les inscriptions mêlent textes sacrés chrétiens et références à la légende arthurienne. C’est la seule église au monde consacrée à la légende du Saint Graal.

Faut-il craindre les Korrigans en forêt ?

Les Korrigans sont les gardiens facétieux de ces bois. Ils dansent la nuit autour des pierres levées et jouent des tours aux randonneurs irrespectueux. Restez sur les sentiers. Évitez les abords des plans d’eau à la tombée de la nuit : les lavandières de nuit y attirent les imprudents.

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