Phares Bretagne : histoire, carte et photos par département
GUIDE COMPLET
Phares de Bretagne : guide des plus beaux phares à visiter
La Bretagne concentre plus du tiers des phares du littoral français sur environ 2 700 km de côtes. Ce guide recense les phares les plus remarquables du Finistère, des Côtes-d'Armor, du Morbihan et d'Ille-et-Vilaine — leur histoire et les anecdotes qui les accompagnent.
Je photographie ces côtes depuis des années. Laissez-moi vous emmener à la découverte de ces géants des mers.
Ce qu’il faut retenir
Phares en Bretagne
1/3 des 148 phares français
Une densité unique en Europe, concentrée sur environ 2 700 km de côtes.
Départements
29 · 22 · 56 · 35
Finistère, Côtes-d'Armor, Morbihan et Ille-et-Vilaine.
Records
Île Vierge & La Jument
Plus haut phare d’Europe en pierre de taille, et l’une des photos de phare les plus célèbres au monde.
Patrimoine
Du Stiff à La Jument
Du plus ancien phare de Bretagne encore en activité aux géants de la mer d’Iroise.
Carte des phares de Bretagne
La carte ci-dessous localise les principaux phares de Bretagne. Cliquez sur l’image pour afficher la carte interactive sans quitter cette page et préparer votre propre route des phares.
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Cette carte interactive rassemble les principaux phares de Bretagne, du Finistère aux Côtes‑d’Armor en passant par le Morbihan et l’Ille‑et‑Vilaine. Elle vous permet de visualiser en un coup d’œil la localisation de chaque phare et de préparer plus facilement votre itinéraire sur la route des phares le long du littoral breton.
Les phares du Finistère
Avec 56 phares, dont 14 classés au titre des monuments historiques, le Finistère est le département français qui en compte le plus. Ouessant seule en abrite cinq. La plupart ont été construits entre 1830 et le début du XXe siècle, après l’invention de la lentille de Fresnel qui a transformé la navigation en mer d’Iroise.

Phare du Créac’h — Ouessant
Toutes les 10 secondes, il lance ses deux éclats blancs jusqu'à près de 60 km au large, ce qui le classe parmi les phares les plus puissants du monde. Il faut dire qu'il veille sur l'un des carrefours maritimes les plus fréquentés de la planète : c'est lui que guettent les navires qui remontent vers la Manche. À ses pieds, l'ancienne centrale électrique s'est muée en musée des Phares et Balises, où se rassemble l'une des plus belles collections de lentilles de Fresnel d'Europe.

Phare de l’Île Vierge
Du haut de ses 82,5 m, c'est le plus haut phare d'Europe, et même le plus haut phare en pierre de taille du monde. Avant lui, l'îlot aurait abrité un sanctuaire druidique, puis un couvent de Cordeliers au XVe siècle. On grimpe jusqu'à la lanterne par un vertigineux escalier de 397 marches en colimaçon, dont les parois sont entièrement habillées de 12 500 plaques d'opaline Saint-Gobain bleu azur, posées là autant pour la beauté du lieu que pour tenir l'humidité à distance.

Phare de La Jument — Ouessant
On doit ce phare à la reconnaissance d'un homme : Charles-Eugène Potron, un Parisien rescapé d'un naufrage, qui légua une fortune à condition que l'édifice sorte des eaux en sept ans. Bâti dans l'urgence entre 1904 et 1911, La Jument est pourtant passé à la postérité pour une tout autre raison. Le 21 décembre 1989, en pleine tempête, le gardien Théodore Malgorn ouvre sa porte en croyant entendre les secours. Au même instant, l'hélicoptère de Jean Guichard le photographie, minuscule silhouette face à une vague monstrueuse. Le cliché fera le tour du monde.
Les phares des Côtes-d’Armor
La côte de Granit Rose et l’archipel de Bréhat donnent aux phares des Côtes-d’Armor une identité visuelle immédiatement reconnaissable. La pierre locale, ce granit aux tons chauds, fait partie intégrante de l’architecture de leurs phares.

Phare de Mean Ruz — Perros-Guirec
Taillé dans le granit rose des carrières de La Clarté, le phare de Mean Ruz se fond si bien dans le chaos de rochers qui l'entoure qu'on le dirait né de la même roche. Celui qu'on admire aujourd'hui, rallumé en 1948, a succédé à l'édifice de 1860 que les troupes allemandes dynamitèrent le 4 août 1944, dans leur retraite. À l'intérieur, les mosaïques seraient l'œuvre d'Isidore Odorico, le célèbre mosaïste rennais dont les décors colorés ont marqué tout le grand Ouest.

Phare du Cap Fréhel
Depuis 1702, trois phares se sont relayés sur ce promontoire de grès rose battu par les vents. L'actuel, rallumé en 1950 après que les Allemands eurent dynamité le précédent en 1944, veille au pied de la vieille tour Vauban, toujours debout : l'ensemble est classé Monument historique. Mais Fréhel détient surtout un titre singulier. Ce fut le dernier phare gardé de France : son gardien, Henri Richard, en poste depuis 1993, a rangé ses clés le 1er septembre 2019, tournant la page de tout un métier.

Phare des Héaux de Bréhat
Conçu par Léonce Reynaud et allumé en 1840 sur le récif des Épées de Tréguier, c'est le deuxième plus ancien phare français de haute mer, après celui du plateau du Four. Partiellement dynamité par les Allemands en 1944, il fut reconstruit et surélevé d'un étage. Pour remercier les tailleurs de pierre de Bréhat qui avaient élevé sa tour en pleine mer, Reynaud fit restaurer à ses frais, en 1860, la chapelle Saint-Michel de l'île, où son geste reste gravé dans la mémoire des lieux.
Les phares du Morbihan
Belle-Île-en-Mer concentre les phares les plus connus du Morbihan, à commencer par Goulphar et les Poulains. Mais le département aligne aussi Port-Navalo à l’entrée du golfe, les Grands Cardinaux au large de Hoëdic, ou Pen Lan à l’embouchure de la Vilaine.

Phare des Poulains — Belle-Île-en-Mer
Inauguré en 1868 à la pointe nord-ouest de Belle-Île, sur un îlot que la marée haute coupe du reste de l'île, le phare doit sa renommée à une passion célèbre. En 1894, Sarah Bernhardt, 50 ans, tombe amoureuse des lieux et achète le fortin voisin, où elle reviendra chaque été jusqu'à sa mort. Peu de gens le savent : la tragédienne rêvait de reposer face à la mer, sur cette île qu'elle chérissait, un vœu qu'elle n'exauça jamais. Haut de 15,20 m et aujourd'hui ouvert au public, le phare vit désormais en autonomie totale grâce à 32 m² de panneaux solaires logés dans son toit, qui lui offrent jusqu'à dix jours de lumière sans soleil.

Phare de Goulphar — Belle-Île-en-Mer
Haut de 52,25 m, ce phare domine la côte sud de l'île depuis 1836. On doit sa conception à Augustin Fresnel en personne, le physicien dont les lentilles à échelons ont révolutionné l'éclairage des côtes du monde entier. Classé Monument historique, il se visite en été et télécommande aujourd'hui les aides à la navigation de tout le Morbihan. Mais l'édifice se dégrade, faute d'entretien, et le départ à la retraite de son dernier gardien, prévu fin 2026, a sonné l'alarme : des îliens ont fondé l'association Veilleurs du Grand Phare pour reprendre sa gestion et lui redonner vie.

Phare de Port-Navalo — Arzon
À la pointe de la presqu'île de Rhuys, le feu de Port-Navalo veille sur l'entrée du golfe du Morbihan depuis 1840 ; la tourelle élancée de 18,90 m que l'on voit aujourd'hui fut édifiée en 1894. Elle garde le seuil de cette petite mer intérieure, dont le nom breton Mor Bihan signifie « petite mer », et dont l'étroite passe d'entrée est balayée par des courants de marée parmi les plus puissants d'Europe. Non loin du phare subsiste une énigme : le 2 octobre 1859, le corps d'un inconnu d'environ 35 ans échoua sur les rochers de la pointe, vêtu d'un gilet de drap et d'un pantalon aux boutons de cuivre frappés d'ancres et de canons. Jamais identifié, il fut inhumé là, au bord de la mer, et nul ne sait vraiment pourquoi ce lieu devint « la Tombe du Petit Mousse ».
Les phares d’Ille-et-Vilaine
De la baie du Mont-Saint-Michel à Saint-Malo, l’Ille-et-Vilaine compte peu de phares, mais tous jouent un rôle clé sur une des routes maritimes les plus fréquentées d’Europe.

Phare du Grand Jardin — Saint-Malo
Dressé sur un rocher au sud-ouest de l'île de Cézembre, en avant de Saint-Malo, ce phare de 32,70 m fut allumé une première fois en 1868, détruit lors des combats de la Libération en 1944, puis reconstruit après-guerre. Son feu à deux éclats rouges, visible à près de 17 milles, guide les navires au milieu des hauts-fonds, en alignement avec les feux de Rochebonne et de La Balue. Le 18 novembre 1905, c'est en cherchant à rallier ce feu, à travers une tempête de neige, que le vapeur Hilda se fracassa sur le récif tout proche des Pierres des Portes. Des 131 personnes à bord, 6 seulement survécurent.

Phare de la Pierre-de-Herpin — Pointe du Grouin
Les marins en réclamaient un dès les années 1850, mais il fallut attendre le 1er octobre 1882 pour qu'un feu s'allume enfin sur cette roche isolée, au large de la pointe du Grouin, à l'entrée de la baie du Mont-Saint-Michel. Haut de 24 m, le phare dresse ses cinq étages. Il reprend le modèle du phare de Chauveau, un prototype de 1842 décliné dans toute la France en six tours sœurs, du Haut-Banc-du-Nord à l'île de Ré jusqu'au Grand-Jardin de Saint-Malo. Si sa silhouette accroche l'œil, c'est grâce à sa base qui s'évase vers le bas en un profil concave : une courbe pensée non pour la grâce, mais pour mieux ancrer la tour et briser l'assaut des vagues, comme tous les phares en mer depuis celui du Four. Un feu veille là depuis plus d'un siècle, automatisé en 1989.

Phare de Rochebonne — Saint-Malo
Allumée pour la première fois le 15 avril 1868, cette tour carrée de 19,90 m ne guide pas les navires toute seule : elle forme avec le Grand Jardin, allumé le même jour, un couple indissociable. Pour entrer à Saint-Malo par le chenal de la Grande Porte, au milieu des écueils, le marin doit garder les deux feux parfaitement superposés, Rochebonne à l'arrière, le Grand Jardin devant. Détruite lors des combats de 1944, la tour fut reconstruite à partir de 1948 et rallumée en 1951, avant d'être automatisée en 1975.
La route des phares de Bretagne
En quelques jours, vous pouvez suivre une véritable route des phares, du bout du Finistère jusqu’aux remparts de Saint-Malo. L’idée n’est pas de tout voir, mais de choisir quelques étapes emblématiques, sur le continent comme sur les îles.
Finistère & mer d’Iroise
- Pointe Saint-Mathieu: Phare dans les ruines d’une abbaye médiévale, face à la mer d’Iroise.
- Ouessant: Deux jours minimum à vélo : Créac’h, Stiff, Nividic, La Jument et Kéréon.
- Île Vierge: Plus haut phare d’Europe, accessible en navette depuis Lilia ou l’Aber Wrac’h.
Côte nord & îles
- Mean Ruz & Cap Fréhel: Deux jours sur le GR 34, entre chaos de granit rose et falaises.
- Belle-Île-en-Mer: Une journée à vélo pour relier Poulains et Goulphar par la côte sauvage.
- Saint-Malo & pointe du Grouin: Grand Jardin se devine depuis les remparts, Pierre-de-Herpin depuis la pointe.
Avant chaque étape, vérifiez les horaires et coefficients de marées : certains sentiers, embarcadères ou parkings dépendent directement du niveau d’eau.
Éditions limitées — phares de Bretagne
Ces quatre phares font partie de ma collection de tirages d'art en édition limitée — 30 exemplaires, signés, numérotés, sur papier Hahnemühle avec certificat d’authenticité.
Phare du Cap Fréhel — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.
Phare de la Tourelle des Perdrix — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.
Tempête sur le phare du Four — tirage d’art noir et blanc en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.
Tempête Justine au Conquet — tirage d’art en édition limitée, photographie © Loïc Delplanque.
Si les phares en pleine tempête vous fascinent, je vous invite à découvrir mon dossier complet sur les tempêtes en Bretagne : records de vagues, lieux à photographier et conseils de prise de vue.
Phares emblématiques par département
Un aperçu des phares à ne pas manquer si vous préparez un voyage photographique en Bretagne.
| Phare | Département | Accès | Visitable | Ce qui le rend unique |
|---|---|---|---|---|
| Créac’h | Finistère (29) | Ferry Ouessant | Musée adjacent | L’un des phares les plus puissants d’Europe (portée ~60 km). |
| Île Vierge | Finistère (29) | Bateau, Aber Wrac’h | Oui, en saison | Plus haut phare d’Europe en pierre de taille. |
| Cap Fréhel | Côtes-d’Armor (22) | Voiture, GR 34 | Oui (juillet-août) | Dernier phare gardé de France jusqu’en 2019. |
| Mean Ruz | Côtes-d’Armor (22) | GR 34, Ploumanac’h | Extérieur libre | Granit rose et mosaïques d’Odorico. |
| Poulains | Morbihan (56) | Pied, Belle-Île | Oui | Sarah Bernhardt — phare désormais alimenté à l’énergie solaire. |
| Pierre-de-Herpin | Ille-et-Vilaine (35) | Vue depuis la pointe du Grouin | Non | Garde l’entrée de la baie du Mont-Saint-Michel. |
Pour approfondir, vous pouvez aussi découvrir comment je conçois un tirage photo d’art en édition limitée, du choix du papier aux encadrements.
FAQ
Quel est le plus haut phare de Bretagne ?
Le phare de l’Île Vierge, à Plouguerneau dans le Finistère, culmine à 82,5 m. C’est le plus haut phare d’Europe et le plus haut phare en pierre de taille du monde. Il faut gravir 397 marches pour atteindre la lanterne.
Peut-on visiter les phares d'Ouessant ?
Le phare du Stiff (1695, signé Vauban) est ouvert au public en saison. Le Créac’h est accessible par son musée des Phares et Balises. La Jument, Kéréon et Nividic sont des phares en mer non accessibles — ils s’observent depuis les sentiers côtiers ou en bateau.
Quel département breton a le plus de phares ?
Le Finistère, avec 56 phares — la plus forte concentration de sentinelles maritimes au monde. La mer d’Iroise est l’une des zones de navigation les plus dangereuses et les plus fréquentées du globe, ce qui a justifié historiquement cette densité exceptionnelle.
Peut-on dormir dans un phare breton ?
Oui. Le phare de Kerbel à Riantec (Morbihan) est aménagé en studio perché à 25 m de hauteur. La maison des gardiens de l’Île Vierge (Finistère) propose un écogîte face à l’Océan.
























































